En analysant les échanges téléphoniques entre individus, il est possible d'identifier de manière assez précise des communautés et les liens existant entre elles.

Quand les télécommunications affinent les recherches en sciences humaines

Dans la veine de l'open data, il est possible de réutiliser les millions d'appels téléphoniques et SMS envoyés dans une visée sociographique, à en croire des chercheurs d'AT&T Labs, d'IBM et du Massachusetts Institute of Technology. En analysant l'ensemble des flux de communication sur les Etats-Unis, ils ont en effet pu identifier les personnes - et donc les zones géographiques - qui communiquent le plus entre elles. Les scientifiques ont toutefois préservé l'anonymat des émetteurs et récepteurs, puisqu’ils s'intéressent avant tout à la possibilité d'effectuer une topologie des échanges, afin d'en savoir plus sur les comportements communautaires, la vie urbaine et la planification communautaire.

Exploiter d'importantes données

En appliquant des algorithmes de modularité et en les associant aux données collectées, il est ainsi possible de détecter des liens forts entre les Etats pour ensuite les classifier en fonction des communications entre les individus. Cela a donc pour premier but de permettre d'observer des convergences ou divergences entre les frontières formelles des Etats américains, et les frontières informelles, définies par les individus qui communiquent. Il apparaît que des phénomènes sont observables dans les grandes villes, comme la fracture Nord-Sud dans le New Jersey, où la direction des communications semble opposée.

Affiner les précisions

Autre exemple, les chercheurs ont pu analyser les divergences au niveau local entre les échanges d'appels et de messages texte. Dans l'Illinois, ils se sont par exemple rendus compte que les communautés échangeant des appels ne semblent pas être les mêmes que celles échangeant des SMS. En effet, 19 comtés soit un tiers de l'Etat sont similaires à Saint Louis si l'on considère uniquement les appels, mais la relation entre ces zones semble plus forte avec le reste de l'Etat quand seuls les échanges de textes sont pris en compte dans l'analyse.