Selon la 5ème édition du rapport annuel de l’Idate « Paysage des télécommunications en Europe », le marché européen des services de télécommunications a connu en 2002 un ralentissement sensible ...

Selon la 5ème édition du rapport annuel de l’Idate « Paysage des télécommunications en Europe », le marché européen des services de télécommunications a connu en 2002 un ralentissement sensible dans la croissance. Parallèlement, l’organisation industrielle des marchés européens a continué d’évoluer. Les plus importants opérateurs européens se sont trouvés en 2002 dans des situations financières tendues, contraignant fortement leurs marges d’initiatives. En 2002, des directives européennes, rénovant le cadre réglementaire des télécommunications dans l’Union européenne, ont été adoptées. La Commission européenne a aussi entrepris un certain nombre de travaux complétant ce nouveau cadre, notamment en matière de définition des marchés pertinents et d’évaluation de la puissance sur le marché ainsi que la création d’un Groupe des régulateurs européens, afin d’accroître la coopération et la cohérence entre Etats membres. Chaque pays membre doit transposer, au plus tard le 24 juillet 2003, les nouveaux textes dans sa législation. Au cours de cette période, chaque autorité de régulation doit entreprendre des analyses de marché, afin de permettre l’application des nouvelles règles relatives à la concurrence, à la définition des opérateurs puissants et des obligations qui leur sont imposées. Le 1er janvier 2003 marque l’échéance de libéralisation totale pour les segments de marchés non encore ouverts à la concurrence dans les 10 pays devant entrer dans l’Union en 2004. En 2002, la croissance du marché européen est tombée à un peu moins de 7 % en moyenne au sein de l’Union européenne. Après une période 1998-2001 très dynamique, 2002 marque un arrêt avec une part pour le marché ouest européen stablisée aux alentours de 22 %. Alros que les Amériques ont connu l’an passé un ralentissement, les marchés asiatiques ont en revanche progressé et renforcé sensiblement leur poids dans le marché mondial (28 %). Les marchés des télécommunications en Europe de l’Ouest représentent en valeur totale 249 milliards d’euros en 2002. - Représentant 37 % du marché des télécommunications, le segment de la téléphonie fixe enregistre, pour la première fois, un recul en valeur. - Les services mobiles, constituant désormais le premier segment en valeur du marché des services (45 %), ont vu leur croissance s’effondrer, en restant toutefois à un niveau relativement élevé (+ 11 %). Cette inflexion s’explique par le ralentissement de l’augmentation des parcs d’abonnés cellulaires et un ARPU encore faible. - La progression des réseaux et services de données regresse à moins de 9 %. Les réseaux et services de données représentent 11 % en 2002 du marché des télécommunications. - Les accès Internet et haut débit continuent de progresser (+ 23 %). Leur poids reste toutefois encore limité (7 %). Le nombre d’accès dans le bas débit progresse toujours, mais la généralisation des forfaits et le transfert des forts consommateurs vers le haut débit limitent l’impact en valeur. Les accès haut débit enregistrent la croissance la plus forte (+ 66 % en valeur). Sur le plan géographique, on note peu de changement sur le positionnement global des différents marchés nationaux en 2002. Néanmoins, leur composition révèle d’importants contrastes : - en Italie, désormais les mobiles comptent pour la moitié des revenus des services de télécommunications. Le taux de pénétration du cellulaire est de plus de 90 %, contre 50 % seulement pour les lignes fixes. - le Royaume-Uni est l’un des rares marchés européens à enregistrer plus de recettes provenant des activités de téléphone fixe qu’en provenance des services mobiles. Bien que le taux d’équipement en téléphonie mobile et l’ARPU soient supérieurs aux valeurs moyennes européennes, la performance particulièrement avancée du téléphone fixe explique cette particularité. Le revenu moyen par habitant en services de télécommunications est d’environ 800 euros, contre 550 sur l’ensemble de l’Union européenne. - Le Royaume-Uni, comme l’Allemagne, se singularise également par un fort développement des marchés Internet et haut débit. Ce segment génère 12 % des revenus totaux des services de télécommunications dans les deux pays. La valeur cumulée des deux représente près de 60 % du total du segment dans l’Union européenne. L’Allemagne et le Royaume-Uni représentent chacun 20 % de la valeur totale des marchés de télécommunications en Europe de 249 milliards d’euros. L’Italie représente 14 %, la France 13 %, l’Espagne 9 %, les Pays-Bas 4 % et les autres pays européens 20 %. Les parts de marché des opérateurs historiques ont tendance à se stabiliser dans la téléphonie fixe longue distance, y compris international. En revanche, l’ouverture plus récente à la sélection du transporteur provoque dans le segment local des mouvements de retrait importants. Beaucoup d’ex monopoles détiennent encore de fortes positions dans les mobiles, à l’exception de BT qui s’est même séparé de sa filiale spécialisée fin 2001. Pour leur part, les réseaux et services de données opposent une forte résistance à la concurrence. Sur chaque marché national, on observe un ou deux opérateurs généralistes en concurrence frontale avec l’opérateur historique. (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 06/03/2003)