Comme l'a montré l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Erignac, les téléphones portables peuvent devenir de véritables mouchards. Les portables, dès qu'ils sont connectés, peuvent en effet off...

Comme l'a montré l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Erignac, les téléphones portables peuvent devenir de véritables mouchards. Les portables, dès qu'ils sont connectés, peuvent en effet offrir aux autorités de précieuses informations sur les agissements des suspects. Les portables émettent régulièrement un signal permettant de les localiser, c'est-à-dire identifier à tout moment dans quelle "cellule" se situe leur utilisateur, même s'ils sont en veille. C'est ainsi qu'un opérateur peut transmettre un appel à ce dernier. La zone de couverture de chacun des réseaux de radiotéléphonie mobile GSM est constituée par un maillage en forme de nid d'abeilles. L'utilisateur communique dans chacune des cellules ainsi constituée par radio avec une station de base. Le système peut basculer sur une nouvelle station de base sans interrompre la communication lorsque l'utilisateur se déplace en téléphonant et franchit une frontière entre deux cellules. Commercialisées au niveau national depuis le 7 avril 1997, les mobicartes ont failli échapper aux systèmes d'écoute. En effet, le ministère de l'intérieur ne s'est aperçu que tardivement de la liberté qu'elle procurait à ses utilisateurs. Cette carte "jetable" s'adressant aux utilisateurs occasionnels, propose un capital de temps de communication limité. Vendue dans les points GSM ou dans les bureaux de tabac, elle n'entraîne aucun abonnement, ni aucune facture. L'utilisateur compose simplement un code confidentiel inscrit sur sa carte pour être crédité d'un temps de communication et compose le 222 pour connaître le numéro d'appel qui lui est attribué pour neuf mois après l'épuisement du temps de communication. Le ministère de l'Intérieur s'était inquiété le 19 mars 1997, le lendemain du lancement des Mobicartes en Ile-de-France, des conséquences de cette liberté. France Télécom avait reconnu à l'époque "ne pas avoir fait attention" aux préoccupations des services de police, tout en soulignant que "personne n'avait réagi avant que la Mobicarte ne soit lancée, alors que toutes les autorités concernées avaient été averties". Tout acheteur de Mobicarte, depuis le 24 mars 1997 en Ile-de-France et le 7 avril 1997 sur l'ensemble du territoire national, doit décliner son identité avec pièce d'identité officielle à l'appui. (Le Monde - 26 et 27/05/1999)