Depuis la condamnation des opérateurs de téléphonie mobile à une amende de 534 millions d'euros, l'UFC Que choisir a ouvert un site sur lequel les consommateurs peuvent estimer le préjudice subi...

Depuis la condamnation des opérateurs de téléphonie mobile à une amende de 534 millions d'euros, l'UFC Que choisir a ouvert un site sur lequel les consommateurs peuvent estimer le préjudice subi entre 2000 et 2002. L'association de protection des consommateurs annonce qu'elle a saisi la justice pour que les consommateurs obtiennent réparation. SFR, quant à lui, tente de sauver les meubles en publiant une lettre ouverte de son PDG Frank Esser.
L'UFC Que choisir saisit la justice

L'entente illicite dont les trois opérateurs ont été reconnus coupables a entravé le fonctionnement de l'économie. Les opérateurs de téléphonie mobile ont fait appel de la décision qu'ils jugent disproportionnée. Cependant, s'ils la paient, l'amende de 534 millions d'euros entrera dans les caisses de l'Etat.

L'UFC Que choisir, qui défend les consommateurs, juge qu'eux aussi doivent recevoir réparation du préjudice que cette entente leur a fait subir. Le droit français ne permettant pas la class action , l'UFC se propose d'être l'intermédiaire entre la justice et l'Etat.

Elle dit avoir déjà récolté 1500 dossiers complets de demande de réparation. En tout, 8500 demandes sont en cours de traitement. L'association estime que le préjudice total subi par les abonnés s'élève à 1,2 milliard d'euros.

Sur les 30 millions d'abonnés que comptent les trois opérateurs, 100 000 ont soumis en deux jours les informations permettant d'évaluer leur préjudice, d'après l'UFC. Le montant de l'amende a fait réaliser aux consommateurs français combien ils avaient été abusés...
SFR tente de sauver son image
L'opérateur a-t-il enregistré une vague de résiliations ? Les trois opérateurs ont-ils peur d'une fuite massive de leurs abonnés vers les MVNO ? L'avenir de sa clientèle semble inquiéter SFR... C'est ce que laisse penser la publication, sur le site Internet de l'opérateur et dans la presse quotidienne, d'une lettre ouverte de son PDG, Frank Esser.

SFR souhaite lever le voile sur ce qu'il juge être des "idées reçues", comme s'il voulait dissiper un malentendu... "Nous ne pouvons laisser les idées reçues sur le marché français de la téléphonie mobile prendre le dessus sur la réalité". Frank Esser explique alors que le prix de la minute a baissé de 30 % entre 1999 et 2003.

Les clients de l'opérateur pourront se rendre, ce dimanche, jusqu'à 13 heures dans les boutiques SFR pour poser les questions qu'ils souhaitent à des "représentants de la direction". Le geste est symbolique. Rien de plus. Les abonnés auraient certainement préféré une compensation financière.

(Atelier groupe BNP Paribas - 07/12/05)