On ne peut pas tout mesurer sur un réseau et cela notamment en raison des connexions anonymes. Les mesures possibles permettent d'appréhender leur capacité de connectivité, mais pas d'établir un mapping.

La topologie des réseaux encore impossible à dresser totalement

Les mesures réalisées sur les chemins de paquets de données permettent de connaître la structure et les propriétés de réseaux tels Internet. Des chercheurs suisses et allemands se sont ainsi interrogés sur la faisabilité ou l'impossibilité de définir un mapping (topologie) des réseaux grâce aux données récoltées par les appareils de mesure, communément appelés "traceroutes". L'idée est que l'établissement de topologies permettrait une meilleure appréhension d'informations clés sur un réseau.  Mais selon leur étude, bien que les types de réseaux diffèrent, le degré des nœuds dans une structure est difficilement mesurable, ce qui rend les outils d'évaluation limités.

Expérimentation

Cela car il y a des points de connexions qui sont "anonymes" dans un réseau, ne pouvant donc pas subir de mesures. "Ainsi, il nous est impossible de tracer une topologie du réseau", explique à L'Atelier Yvonne-Anne Pignolet, chercheur au centre de recherche d'ABB, un groupe spécialisé en énergie et technologies d'automatisation en Suisse et impliquée dans cette étude. Au final, c'est une bonne nouvelle puisque "aucun opérateur téléphonique n'aimerait qu'on puisse connaître les chemins et d'autres informations sur son réseau". La structure d'un réseau, téléphonique ou Internet, ne pourra donc pas être complètement appréhendée. Les chercheurs ont élaboré des tests et des simulations sur les réseaux de la compagnie allemande Deutsch Telekom, afin de tester leurs hypothèses.

Hypothèses

Pour en arriver à ces conclusions, une recherche théorique et des tests basés sur deux hypothèses a été effectuée. Le premier axiome serait que chaque route d'information correspond à une réelle trajectoire sur un réseau, dans ce cas, les mesures et les simulations sont inutiles. "Le second principe consiste à considérer que les chemins d'informations  n'utilisent pas les trajectoires optimales. Ils faut ainsi savoir combien de détours fait une information sur un réseau sur un réseau pour comprendre sa structure", ajoute Yvonne-Anne Pignolet. Au final, ils se sont aperçus que dans tous les cas, il leur était impossible d'obtenir des informations complètes sur un réseau. Toutefois, "il est possible que des algorithmes futurs nous en apprennent plus sur les points de réseaux sur lesquels les mesures seraient plus précises", conclut Yvonne-Anne Pignolet.