Négociant son rapprochement avec Telecom Italia, Ron Sommer, le président du directoire de Deutsche Telekom n'a prévenu Michel Bon, son homologue français, qu'au dernier moment. En déplacement en ...

Négociant son rapprochement avec Telecom Italia, Ron Sommer, le président du directoire de Deutsche Telekom n'a prévenu Michel Bon, son homologue français, qu'au dernier moment. En déplacement en Allemagne, hier, Michel Bon a peut être assisté à son dernier conseil de surveillance de l'opérateur allemand. France Télécom a tenu à mettre les points sur les "i" en déclarant "nos accords avec Deutsche Telekom sont précis et incompatibles avec un revirement stratégique unilatéral". Entérinés à l'automne dernier, les accords de coopération comportent en effet une clause stipulant que des sanctions financières pourraient être exigées si un des partenaires venait à conclure un accord stratégique avec un autre opérateur sans l'accord préalable de l'autre partie. France Télécom et Deutsche Telekom, partenaires encore hier, sont désormais concurrents. Devant reconnaître que les milliards, le temps et l'énergie investis dans Global One sont perdus, France Télécom doit également admettre que la fusion du premier et du quatrième opérateur européen de télécommunications donnera naissance à un concurrent redoutable, incontournable à la fois en Allemagne et en Italie, très puissant en Espagne (Telecom Italia et Retevision sont alliés) et potentiellement menaçant en France (participation dans 9 Telecom et dans Bouygues Télécom). Pour sa part, France Télécom ne dispose que de participations dans des opérateurs européens en phase de lancement plus ou moins avancé. Plus préoccupant, l'opérateur n'a rien en Allemagne, pratiquement rien en Grande-Bretagne. De plus, ses premiers pas en Italie avec Wind s'effectuaient aux côtés d'Enel et de Deutsche Telekom qu'il va maintenant falloir remplacer. (Les Echos - 20/04/1999)