Un nombre important de collaborateurs qui travaillent au moins en partie en mobilité s'estime mal préparé à cette nouvelle manière d'aborder leurs fonctions. D'où la nécessité de miser sur la formation.

Travailler à distance nécessite d'y avoir été préparé

Près de neuf employés de bureau sur dix travaillant dans une multinationale effectuent au moins une partie de leurs fonctions à distance, ou collaborent avec des salariés qui travaillent de cette façon, rapporte RW3 dans une étude menée dans cent trois pays. Un chiffre qui montre l'avancée du travail à distance dans les mœurs ? Pas tant que ça. En effet, l'organisation note que pour la plupart de ces salariés, travailler de cette manière représente un véritable défi, auquel 16 % seulement auraient véritablement été préparés par des sessions de formation et d'information. Ce qui fait que 84 % s'estiment mal préparés à affronter les difficultés et les changements que cette façon de travailler implique. Selon les personnes interrogées, celles-ci peuvent être rangées dans cinq catégories : pour 79 % d'entre elles, le travail avec des interlocuteurs virtuels fait que les salariés manquent en général de temps pour véritablement apprendre à connaître leurs collègues. Pour près des trois quarts, cela affecte la vitesse dans la prise de décisions. Pour 71 %, cela diminue le taux de participation. Pour 69 %, cela fait se confronter différents styles de management, et de manières de prendre des décisions (55 %).

Des difficultés pour collaborer

"Les fuseaux horaires, la diversité des langues et de cultures, sont autant de facteurs qui peuvent obstruer la communication entre les travailleurs qui ne se côtoient que virtuellement", explique Charlene Salomon, présidente de RW3. Selon le rapport, en l'absence de repères visuels, la collaboration est rendue plus difficile et la confiance accordée à son équipe ralentie. 41% des membres des équipes virtuelles n’ont ainsi jamais rencontré leurs collègues en face à-face. Et 33% déclarent que la moitié de leurs équipes virtuelles sont à l'extérieur du pays d'origine. "C'est vrai que les salariés ne sont pas encore forcément très à l'aise avec les outils", confirme à L'Atelier Cécilia Durieu, directrice associée de Greenworking. "Les entreprises ont du coup tout intérêt à sensibiliser leurs collaborateurs à travers des formations sur la manière dont ils vont travailler mais également sur l’usage des nouvelles technologies", ajoute t-elle.

Savoir s’adapter

Un constat partagé par RW3 - non sans arrière-pensée puisque l'organisme propose du training. D'autant que cela plaît. L'étude souligne ainsi que pour 87 % des répondants, au moins un quart de leur productivité dépend du télétravail. Et selon GreenWorking, "près des trois quarts des Franciliens aspirent à travailler de la sorte, au moins en partie". Mais former ne suffit pas : selon le cabinet français, il est aussi nécessaire de sensibiliser les responsables d'équipe. "Ils font partie des publics les plus réticents, car ils estiment qu'ils auront moins de contrôle sur le travail effectué et plus de difficultés à prendre des décisions". S'ils comprennent les enjeux du travail à distance, ils sont du coup les mieux à même de former et encourager leurs équipes, conclut Cécilia Durieu.

Rédigé par Elyse Charvin