Selon une étude publiée fin août par le cabinet d'analyses américain Forrester Research, le taux d'adoption de l'offre triple play (Internet haut débit, téléphone sur IP et télévision par ADSL...

Selon une étude publiée fin août par le cabinet d'analyses américain Forrester Research, le taux d'adoption de l'offre triple play (Internet haut débit, téléphone sur IP et télévision par ADSL) au 30 juin 2006 est seulement de 8%. C'est peu, mais le triple play n'avait séduit que 5% des Européens en 2005.
 
L'étude European Consumer Technology Adoption Study (ECTAS) menée par Forrester Research portait sur 25447 consommateurs répartis dans sept pays d'Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne et Suède). Le même type d'étude avait déjà été mené au deuxième semestre 2005.
 
Même si le taux de pénétration du triple play a atteint au deuxième trimestre de cette année les 8% , soit 3% de mieux qu'à la même période l'année dernière, les disparités qui existent entre les pays sondés ne sont pas négligeables, loin de là. Le pays le plus réceptif à l'offre triple play est le Royaume-Uni qui occupe la première place du classement avec un taux de pénétration de 13%. La France n'est pas en reste avec ses 12%. Les Néerlandais et les Espagnols restent encore dans la moyenne avec leurs 10%. Mais les Allemands, les Suédois et les Italiens ne semblent pas avoir été encore séduits par le triple play.
 

Pays30 juin 200630 juin 2005

Royaume-Uni
13 %
10 %

France
12 %
8 %

Espagne
10 %
8 %

Pays-Bas
10 %
6 %

Allemagne
6 %
2 %

Suède
6 %
4 %

Italie
4 %
1 %

Moyenne européenne
8 %
5 %

Forrester Research

 
Mais le triple play sait-il se faire désirer? La courbe de libido stagne. 36% des Européens n'étant pas abonnés à une offre triple play se sont déclarés très intéressés par ce type d'offres. Ils étaient déjà toutefois 35% l'année dernière. Ce taux a légèrement baissé parmi les internautes qui disposaient d'une connexion haut débit, passant de 49% en juin 2005 à 47% cette année.
La France se démarque toutefois de cette frilosité européenne à l'égard du triple play. 50% des consommateurs interrogés et 60% des internautes français possédant déjà le haut débit se sont déclarés très intéressés par ce type d'offre.
 
Pourquoi les Européens choisiraient-ils finalement de se tourner vers le triple play ? Première raison invoquée : pouvoir réduire sa facture mensuelle d'Internet (50% des Européen). Viennent ensuite le souhait de pouvoir ainsi recevoir une facture unique (40% des consommateurs) et de se voir garantir une meilleure qualité des services Internet par l'amélioration de la fluidité de flux de données.
 
Si les Européens devaient devait choisir un opérateur pour s'abonner à une offre triple play, 26% d'entre eux resteraient chez leur opérateur de téléphonie fixe. Il s'agit pour la plupart des cas de l'opérateur historique du pays. Mais seulement 10% préfèreraient se tourner vers un FAI ou vers un câblo-opérateur.
 
Par ailleurs, dans une précédente étude datant elle aussi de juin 2006, Forrester Resarch avait jeté le doute sur l'intérêt réel du triple play en parlant de "suicide financier". La faiblesse des perspectives de revenus et l'ampleur des investissements nécessaires au triple play pourraient entraîner des pertes significatives pour les opérateurs télécoms historiques.
 
Forrester prévoit que la perte financière cumulée en dix ans pourrait atteindre les 3700 euros par abonné. En effet, pour le moment un nouveau client coûte aux opérateurs quelques centaines d'euros par mois, alors que l'abonnement ne dépasse généralement pas les 50 euros. Les investissements sont donc trop onéreux pour les opérateurs qui doivent aussi déployer de nouveaux réseaux de fibre optique.
 
Les Européens hésitent aussi à payer pour de l'IP TV alors que l'offre de télévision gratuite est importante en Europe, surtout en Allemagne. Mais il faut souligner qu'en France, 87% des foyers ne reçoivent encore que les six chaînes traditionnelles et ne possèdent pas encore la TNT. C'est pourtant dans cette niche que la télévision ADSL pourrait trouver sa place.
 
Anne Confolant, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 08/09/2006)