L'annonce fait hurler de rage les défenseurs de l'Internet libre, qui entendent bien monter au créneau : la société Verso se propose de bloquer Skype, les logiciels de peer-to-peer ou les...

L'annonce fait hurler de rage les défenseurs de l'Internet libre, qui entendent bien monter au créneau : la société Verso se propose de bloquer Skype, les logiciels de peer-to-peer ou les messageries instantanées, accusés de consommer trop de bande passante !

Le discours de Verso est simple : ces logiciels sont la plaie des Fournisseurs d'Accès à Internet (FAI), qui dilapident leur bande passante pour des services qui ne génèrent aucun revenu. Pire encore, dans les entreprises, "30 % du temps de travail est consacré au surf, à la messagerie instantanée, à la voix sur IP et au téléchargement" selon Monty Bannerman, PDG de Verso.

Grâce à sa solution, baptisée NetSpective 2.0, Verso se propose de mettre fin à ces conduites répréhensibles. Ainsi, l'entreprise réduirait ses coûts de fonctionnement et améliorerait considérablement la productivité de ses employés, tout en limitant les risques d'infection par des virus...

La première annonce de Verso remonte au 14 septembre dernier. Dans celle-ci, Verso expliquait que Skype et consorts congestionnent les réseaux des fournisseurs d'accès à Internet (FAI), monopolisant une part importante de la bande passante sans générer le moindre revenu. Afin de ne pas s'attirer les foudres de tous les défenseurs de l'Internet libre, Monty Bannerman a mis de l'eau dans son vin. La deuxième communication de Verso, datée du 19 septembre, ne parle plus de congestion des réseaux et ne s'adresse plus particulièrement aux FAI, mais aux entreprises.

Pourtant, les entreprises disposent déjà de moyens de bloquer ce genre d'applications. Il suffit d'empêcher l'utilisateur de les installer sur son poste, ce qui est à la portée de l'administrateur réseau. Verso aurait bel et bien été contacté par des FAI, intrigués par cette solution "miraculeuse" qui pourrait ramener les internautes vers leurs solutions de voix sur IP, celles qui leur rapportent de l'argent.

La FCC (Federal Communications Commission, équivalent américain de l'Arcep) interdit pour le moment tout type de filtrage de ce genre aux Etats-Unis. Interrogé par The Inquirer sur la légalité de son outil, Monty Bannerman rétorque : "Le World Wide Web ne se résume pas aux Etats-Unis !". D'autres pays pourraient sûrement se montrer intéressés ...

(Atelier groupe BNP Paribas- 20/09/2005)