Au Royaume-Uni, BT a décidé de faire de Deddington la première ville connectée uniquement grâce à la fibre. Un objectif européen clairement affiché qui n'est pas encore vraiment celui de la France.

Un village pilote anglais exclusivement connecté en fibre optique pour 2013

Et le gagnant est ... Deddington, village de campagne choisi par Openreach, filiale de British Telecom (BT) qui s'occupe, entre autre, d'administrer les réseaux locaux, pour devenir la première ville pilote connectée uniquement par la fibre optique. La construction, impliquant le remplacement des câbles de cuivre, devrait commencer au printemps. Le réseau devrait, lui, être utilisable par les 2200 habitants reliés par 1400 lignes téléphoniques en 2013. A ce moment là, la population devrait avoir accès à une vitesse de téléchargement comprise entre 40 et 300 Mbps au lieu des 8Mbps actuels. Le village a la taille idéale pour permettre à Openreach de se faire la main et d’apprendre quelle est la meilleure manière de remplacer un réseau cuivré par la fibre optique.

Un objectif européen, une France mauvaise élève

En Europe, le développement de la FTTH (fibre optique jusqu'à l'abonné) est un objectif clairement affiché. Le rapport du Conseil Européen consacré au sujet note qu'en 2011, le développement de la FTTH en Europe* a progressé de 41% avec 600 000 nouveaux souscripteurs**, pour atteindre 5,1 millions d'abonnés FTTH ou FTTB et 28 millions de foyers connectés. En tête, les pays scandinaves comme la Norvège (taux de pénétration de 14,7%) et la Suède (13,6%). Suivie par l'Europe méridionale et orientale. La Commission européenne propose d’affecter un budget de 9,2 milliards d'euros à la large bande haut débit, dont 7 milliards d'euros pour les infrastructures. L’enjeu ? Répondre à la demande croissante en débit des utilisateurs à la fois plus nombreux et plus gourmands - notamment avec la télévision, le téléphone, et autres services sur internet.

La France, mauvaise élève

Ou simplement permettre d'en augmenter la puissance, par principe. Il n'en demeure pas moins que la France reste en retrait. Si le pays dispose d'un Programme national très haut débit (PNTHD) doté de 2 milliards d'euros, on ne dénombrait, en 2011, que 175 000 utilisateurs sur le territoire à en croire un rapport*** du Sénateur (UCR) de l'Eure Hervé Maurey et actuel vice-président de la commission du développement durable, des infrastructures, de l'équipement et de l'aménagement du territoire. Le rapport juge ainsi que le taux de progression des abonnements est peu élevé du fait d'une faible progression des raccordements. Et de citer la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) pour qui pas moins d’un siècle serait nécessaire pour que la France soit couverte en FTTH au rythme actuel. Avec le risque de voir se créer une nouvelle fracture numérique, entre les plus grandes zones urbaines et les zones plus isolées.

* Europe des 27 + 8 pays (Andore, Croatie, Islande, Israël, Norvège, Serbie, Suisse et Turquie)

**Etude Idate pour le FTTH European Council citée dans le rapport

*** Rapport n° 321 (2011-2012) de M. Hervé MAUREY, fait au nom de la commission de l'économie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, déposé le 1er février 2012