Des chercheurs du MIT ont développé un système de messagerie, Vuvuzela, qui permet de dissimuler ses métadonnées. Ce qui constitue peut-être le futur de l’anonymisation des messages.

Vuvuzela camoufle les métadonnées des utilisateurs

Des ingénieurs du CSAIL Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory » rattachés au MIT) affirment qu’il est possible de camoufler toutes traces des échanges de messages textes en portant une attention particulière à la protection des métadonnées, à savoir quand le message a été envoyé, qui en est l’expéditeur et qui en est le destinataire. Ceux-ci ont en effet développé un système de messagerie, appelé Vuvuzela, à même de noyer l’information sensible dans un flot de données.

D’abord, les messages échangés par l’intermédiaire de Vuvuzela sont stockés sur trois serveurs différents, plutôt que d’être transférés directement de l’expéditeur au destinataire, et leur contenu crypté. Les messages sont également envoyés en différé, avec des délais de quelques dizaines de secondes, ce qui contribue à créer un flou autour d’un dialogue. De surcroît, le système génère des messages erronés même lorsque les utilisateurs n'interagissent pas. Ainsi, il en devient presque impossible d’identifier la métadonnée potentiellement critique parmi un flux de messages discontinu.

Le protocole de conversation de Vuvuzela

Le protocole de conversation de Vuvuzela 

Une initiative qui fait sens à l’heure où la cybersécurité devient un sujet phare pour les états comme les entreprises. On apprenait d’ailleurs cette année l’existence de failles dans le célèbre système d’anonymisation « Tor », utilisé par plus de 2,5 millions d’utilisateurs quotidiennement., réseau qui permet de camoufler ses activités de navigation. C’est peut-être dans l’approche de Vuvuzela que réside la clé de l’anonymisation des messages : crypter le contenu est une chose, réussir à brouiller les pistes relatives au moment de l’envoi et aux parties prenantes à la conversation en est une autre.

Rédigé par Pauline Canteneur