La Commission européenne n’a pas choisit la clémence. Elle a infligé à Wanadoo, filiale Internet de France Télécom, une amende de 10,35 millions d’euros pour abus de position dominante dans ...

La Commission européenne n’a pas choisit la clémence. Elle a infligé à Wanadoo, filiale Internet de France Télécom, une amende de 10,35 millions d’euros pour abus de position dominante dans l’accès à Internet haut débit. L’enquête, qui avait débuté en septembre 2001, a permis de constater qu’entre fin 1999 et octobre 2001, Wanadoo aurait proposé au grand public des offres ADSL bradées pour évincer ses concurrents.

Wanadoo a subi délibérément des pertes importantes jusqu’à fin 2002 pour conquérir ce marché en pleine expansion, ce que la société est parvenue à faire : Wanadoo possède 72 % d’un marché qui a quintuplé en quelques années. Pendant que Wanadoo gagnait des parts de marché tout en perdant de l’argent, sa maison mère France Télécom, en situation de monopole sur les ventes de services ADSL en gros, anticipaient d’importants bénéfices.

Bien que les pratiques prédatrices du fournisseur d’accès à Internet soient terminées depuis près d’un an, avec l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs de gros de l’opérateur historique français, la Commission européenne a estimé qu’il fallait des sanctions en raison de la gravité de l’abus et des « risques de récidive ».

Le fournisseur d’accès à Internet juge « contestable » l’analyse économique de Bruxelles et « déplore » sa décision. Il « se réserve le droit d’en faire appel » et a déclaré dans un communiqué qu’il envisage « très sérieusement la possibilité d’exercer un recours ainsi que d’entamer toute procédure liée aux graves carences de concurrence constatées notamment dans les autres pays européens où [il] déploie ses activités ».

(Atelier groupe BNP Paribas – 17/07/03)