Fondé aux Etats-Unis en 1994, pionnier de la boucle locale radio, Winstar relie les immeubles entre eux en recourant à des technologies radio dites de point-à-point ou de point-multipoints (une ante...

Fondé aux Etats-Unis en 1994, pionnier de la boucle locale radio, Winstar relie les immeubles entre eux en recourant à des technologies radio dites de point-à-point ou de point-multipoints (une antenne permet de connecter tous les immeubles disposant d’une antenne dans un rayon d’environ 2,5 km). Comme l’explique Bill Rouhama, son PDG “nous sommes en train de construire les derniers mètres de réseau permettant d’accéder aux autoroutes de l’information”. Ayant acquis des fréquences dans les cinquante premières villes américaines, après avoir relié en novembre 1996 ses premiers clients à New York par cette technologie radio, Winstar a accéléré son programme d’investissement. Aujourd’hui, ses services (communications locales et longue distance, voix, données, accès Internet ...) sont opérationnels dans 27 villes. L’opérateur compte dans sa clientèle près de 100 000 PME ainsi qu’une centaine de grands comptes. D’ici à la fin de l’année, trente villes seront couvertes, quarante à la fin de 1999 “nous accédons aujourd’hui à 30 000 immeubles; A la fin de l’année, nous atteindrons 40 000 et ensuite 80 000, soit plus que le nombre d’immeubles que MFS et Teleport relient à eux deux”.

Winstar s’apprête maintenant à conquérir l’Europe “nous voulons être présents dans les 100 premières villes à l’échelle du globe. Mais nous ne pouvons pas tout faire seul, surtout que nous avons déjà beaucoup à faire sur notre marché domestique. Pour l’Europe, nous cherchons donc un ou des partenaires financiers auprès de qui nous pourrions valoriser notre savoir-faire”. Se déclarant “confiant” Bill Rouhama néanmoins pressé “espère aboutir dans un futur pas trop éloigné (...) car il faut y aller maintenant, sinon d’autres vont juste nous copier”. Winstar ne manque pas d’atouts pour séduire un éventuel partenaire. La technologie utilisée permet d’accéder directement au client tout en contournant les opérateurs historiques “surtout nous connectons les immeubles pour un coût qui n’est qu’une fraction de ceux d’un nouvel opérateur de boucle local en fibre optique. Nous n’avons pas de travaux de génie civil qui représentent 90 % des coûts de déploiement à effectuer. Quatre boulons sur un toit et nous sommes opérationnels”.

Pour l’instant, la boucle locale radio n’en est qu’au stade expérimental en France. Bien que l’ART ait attribué quelques licences expérimentales (Sagem, Cegetel), le marché ne devrait pas être ouvert avant la fin de 1999. (Les Echos - 29/09/1998)