Life @ work

Le micro-travail digital permettra-t-il d'enrayer la pauvreté en Afrique ?

  • 28 Mai
    2018
  • 2 min

Reconnecter les jeunes femmes africaines au monde du travail grâce aux micro-tâches numériques, c'est l'ambition de la plateforme d’externalisation socialement responsable Isahit.

Un vent de conscience sociétale et de justice sociale s’est engouffré dans la porte de Versailles à l’occasion de Viva Technology, les 24 et 25 mai dernier. La réconciliation entre “Good business” et “Tech for Good” était sur toutes les lèvres et dans tous les esprits, des têtes d’affiches (Emmanuel Macron, Satya Nadella, Alexandra Cadain) aux entrepreneures engagées (Leila Janah, Aurélie Jean, Joséphine Goube) en passant par de plus petites initiatives moins médiatisées telles que celle proposée par la start-up française Isahit. C’est pour enrayer le fléau de la pauvreté dans le monde et pour encourager l’émancipation des jeunes femmes africaines que la jeune pousse a lancé, en juin 2016, sa plateforme d’externalisation de tâches digitales, socialement responsable, à destination des entreprises françaises. Les “HITeuses” africaines (HIT pour human intelligence task), réalisent des micro tâches telles que de la modération de vidéos ou autres tags d’images, un complément de revenus leur permettant de financer un projet entrepreneurial ou des études tout en acquérant des compétences digitales pour se préparer aux métiers numériques de demain. Et la jeune pousse s’est fixée pour objectif de donner du travail à 3350 personnes issues des pays emergents d’ici 2020. A l’heure où sur les 7,6 milliards d'habitants que compte le planète on en compte 2,8 milliards qui vivent avec moins de 2 euros par jour (soit 37%), l’ambition de cette plateforme d’impact sourcing ne peut être que saluée. Il n'en demeure pas moins qu'un tel modèle ne peut être que transitoire, le risque étant la généralisation de la précarisation du travail numérique. Ce modèle doit donc simplement se concevoir comme un chemin vers l'emploi. Car le social n’est plus l’apanage de l’Etat et des associations, l’entreprise d’aujourd’hui et demain a plus que jamais, un rôle à jouer. Car sans justice sociale, pas d’économie durable. 

Rédigé par Oriane Esposito