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La « Self-Driving » entreprise, nouvelle norme du travail de demain ?

  • 02 Mai
    2018
  • 2 min

Pour Fred Laluyaux, CEO de Aera Technology, l'IA aura intégré l'entreprise de demain de façon à réécrire les processus créatifs pour mieux faire rayonner l'intelligence collective des collaborateurs.

L'entreprise traditionnelle vit ses derniers instants. L'ordre pyramidal, les processus verticaux et les structures hiérarchiques pourraient n'être plus qu'un mauvais souvenir, dans un futur plus ou moins proche. Pendant que se structure le mouvement du travail indépendant, porté par les plateformes d'intermédiation, l'entreprise aussi se réinvente en s'inspirant des divers paradigmes du futur du travail : les mouvements des « makers », de l'entreprise libérée ou encore de l'holacratie. Ces mutations, rendues possible par l'arrivée massive du numérique, n'ont pas fait que bouleverser les outils et les usages à l'intérieur de l'entreprise mais aussi l'institution même et la gestion des ressources et des talents. En d'autres termes, les figures du salarié, de l'employeur, du manager, des ressources humaines sont elles aussi en train de s'hybrider et d'épouser un sens nouveau. Pour parler de ces transformations sur la scène du Dublin Tech Summit, Fred Laluyaux, CEO de Aera Technology, a choisi de se focaliser sur l'introduction généralisée de l'IA et des agents conversationnels en entreprise. Selon lui, cette perspective, qui touche déjà l'entreprise en plein cœur, l'amènera à devenir ce qu'il appelle une « Self-Driving Enterprise », c'est à dire une société qui s'auto-gère aux moyens du digital. Dans ce schéma, les collaborateurs seront en permanence assistés par des IA qui leur adresseront des recommandations, des informations complémentaires, des requêtes pour mieux les orienter et leur permettre de gagner en performance et en bien-être. Ces nouveaux outils permettront également une optimisation maximale en terme de gestion de la donnée interne. Pour ce faire, il convient pour l'entreprise de développer son « digital twin », son jumeaux digital en français, au sens où tout ce qu'il se passe à l'intérieur de l'entreprise est consigné digitalement de façon à ce que l'entreprise puisse être gérée et optimisée quasi-automatiquement. Une IA traitera ensuite ces informations afin de les organiser, les comprendre, faire des recommandations, répartir les tâches, et même agir pro-activement sur certaines décisions. C'est du moins le postulat des théoriciens de la « Self-driving Entreprise ». Si une IA ne deviendra certainement jamais le pilote et le manager de l'entreprise du futur, cette théorie présente au moins l'avantage de fournir une nouvelle voie pour repenser en profondeur le monde du travail.

Rédigé par Théo Roux