Life @ work

Comment survivre et s'épanouir à l'ère de l'hyperconnexion ?

  • 30 Mai
    2018
  • 2 min

Au Forum de l'OCDE, Julia Hobsbawn a questionné notre rapport obsessionnel à la vitesse et à la mise à l'échelle dans un monde hyperconnecté.

Julia Hobsbawn, auteure du livre Fully Connected, a fait une intervention remarquée hier, lors de la matinée d’ouverture du Forum de l’OCDE. C’est la science des réseaux qu’elle a mise en lumière en lisant les quelques lignes de sa préface pour imager le pouvoir et la vitesse de propagation des réseaux sociaux et les conséquences que cela peut avoir sur le comportement humain. Elle y évoque l’état de choc et le bouleversement qu’a ressenti l’artiste pop britannique Kate Bush, qui, pour son retour sur scène en 2014 après 35 années d’absence, a vendu plus de 80 000 places de concert en l’espace de 15 minutes seulement, grâce, ou à cause de l’effet réseaux. Julia Hobsbawn compare cette viralité des réseaux sociaux à la vitesse de propagation et de contagion des virus Zika ou Ebola. Or, la meilleure arme pour lutter contre Ebola a été la mise en quarantaine, la fermeture des frontières. A travers ce parallèle qu’elle dresse avec la santé, l’auteure rappelle la définition qu’en donne l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) “La santé est un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité". Pour l’auteure, la composante sociale a été oubliée dans nos sociétés modernes : "Il faut que l’on mesure notre santé sociale comme on mesure l’indice de masse corporelle". Et de poursuivre “Si le marché du bien-être représente 3,7 milliards de dollars, il faut que l’on s’investisse de la même manière dans la santé sociale. Nous sommes en train de vivre des signes de mauvaise santé : au Royaume-Uni, ce sont 11 millions de journées de travail qui sont perdues à cause du stress”. Elle lance alors un appel aux entreprises : "Le bien-être physique et psychique doit être intégré comme une véritable composante de la productivité en entreprise. Il faut reconfigurer les RH, opérer différemment les recrutements, faire des expérimentations". Car à l’ère de l’hyperconnexion et à l’heure où les ordinateurs, smartphones et autres devices sont partout, dans nos mains, et peut être un jour dans notre peau, il convient, selon elle, de réintroduire les notions de distance, d’intimité, et de lenteur, afin de remettre l’humain au coeur de cette relation."Nous sommes devenus totalement obsédés par ces notions de passage à l'échelle et de vitesse marketés par la Silicon Valley", or l’être humain a besoin de réseau en face à face, il a besoin de temps pour construire une relation de confiance et de réciprocité. Alors, la santé sociale sera-t-elle l’antidote à la maladie de l’hyperconnexion ?

Rédigé par Oriane Esposito