Life @ work

Le village d'entreprise, un modèle pour demain?

  • 24 Jui
    2017

Facebook vient de présenter, vendredi dernier, le village qu’il entend créer pour ses salariés. Une véritable ville avec divers services pour que jamais plus, ils ne quittent leurs entreprises. Un véritable baiser de judas.

Les nouveaux modes d’organisation du travail et la délinéarisation croissante des entreprises font émerger de nouveaux liens géographiques entre l’entreprise, comprise alors comme lieu de travail, et l’espace urbain. La généralisation du télétravail est alors apparue comme un enjeu majeur pour les smart cities puisqu’il complexifie à la fois la mobilité urbaine, les flux de travailleurs dans la ville et le rapport généralisé au territoire, dont on sait combien il est dépendant aux centres d’activités.

Dès lors, le projet de Facebook, déjà énoncé en 2015 et approfondi le week-end dernier, de créer son propre village apparait comme un axe intéressant de réflexion. L’idée initiale est de créer une ville-entreprise intégrée capable de créer une communauté de vie entre les travailleurs. Aussi, le lieu de vie se mêle au lieu de travail. Le privé se fond au public. Le début en somme d’un enfermement entrepreneurial? Si le groupe se défend de vouloir régler les problèmes de transports et de logements de ses salariés en construisant près de 1500 logements connectés à divers services et enseignes de proximités, censé être proposé à des prix tout à fait abordables. A première vue donc, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais à y regarder de plus près, cette tendance pose de nombreuses questions, notamment en terme de surveillance des salariés et du temps de travail. Car enfermé dans la prison dorée de Facebook, le salarié se place en dépendance vis-à-vis de son employeur et indirectement lui accorde tout son temps. "De profundis clamavi."