Alors que les services de paiement mobile de personne à personne se multiplient*, les services NFC restent limités à certaines villes. L'absence de smartphones et de terminaux dédiés dans les points de vente reste le principal obstacle à une adoption réelle.

Les initiatives sont légion, mais les infrastructures ne suivent pas forcément. C'est l'un des constats que l'on peut faire au difficile décollage du paiement mobile en utilisant la NFC. Cette dernière, baptisée Near Field Communication, étant une technologie de communication sans fil et à courte distance. Toutefois, fin 2011 a vu une nouvelle dynamique parmi différents acteurs impliqués (banques, opérateurs, acteurs du web). Ainsi, quarante cinq des plus grands opérateurs mondiaux se sont engagés à mettre en œuvre des services SIM-NFC en utilisant un ensemble interopérable de normes. D'autres acteurs se lancent aussi dans la course. PayPal a par exemple lancé avec deux détaillants suédois une nouvelle application "PayPal Instore", disponible sur Android et iPhone. Basée sur des autocollants NFC collés sur les mobiles, elle permet des achats via des terminaux NFC-ready. Le client télécharge l'application, la lie au tag et passe son mobile devant le terminal. Elle affiche alors l'achat que le client confirme.

Différents modèles s'opposent

L’autocollant facilite le paiement, tandis que les fonctions enrichies s’utilisent également sans NFC avec l'affichage d'un code à saisir dans le terminal. L’application Starbucks permet quant à elle aux consommateurs de charger de l'argent sur une carte et de présenter un code barres pour payer sans contact à la caisse dans plus de 9000 sites aux USA. Ce modèle inclut des modules de fidélisation, de paiement… et des programmes pour une expérience mobile unique. Différents modèles pour le paiement sans contact s’opposent donc : la technologie NFC attachée à une carte de paiement ou de "paiement & fidélisation", modèle utilisé par les banques, les acteurs des réseaux de paiement (Visa ; Mastercard) et les commerçants. Le modèle via mobile NFC axé sur les services de paiement via mobile exclusivement, historiquement adopté par les banques et les opérateurs.

Des gagnants encore inconnus ?

Le porte-monnaie virtuel dans le cloud, adopté par les acteurs web, accessible via une application depuis n'importe quel périphérique et conçu pour être livré avec des services à valeur ajoutée. Ce modèle serait celui adopté par Apple, qui ne semble pas prêt à intégrer le NFC sur les iPhone. Ce troisième modèle bouleverse la stratégie de paiement mobile des opérateurs et des banques. Certaines banques étudient des portefeuilles mobiles : La Caixa a lancé son "CaixaWallet", consultable sur smartphone. La NFC serait intégré au porte-monnaie pour une expérience mobile complète. Les opérateurs s’indexeraient sur Google et Apple… car iPhone et Android constituent la majorité des smartphones vendus. Les acteurs doivent donc encore faire évoluer leur stratégie. 2012 risque du coup de ne pas être l'année de l'essor des paiements mobiles, malgré l’attrait des consommateurs pour ces services. Sur un marché où la sécurité et l'argent sont en jeu et les solutions web sont disponibles à une échelle mondiale, il est encore difficile de prédire qui seront les gagnants.  

*Comme celui de BNP Paribas, "Mes Transferts", et du Crédit Agricole "Kwixo"