L'un des constats qu'il était facile de tirer, au salon AfricaCom, c'était que pour les opérateurs, fournisseurs de réseaux, de produits et de services, les millions de personnes qui habitent dans les pays émergents et qui ont de faibles revenus ne sont plus quantité négligeable en termes de marketing. L'équation est simple : l'ARPU (chiffre d'affaires moyen par utilisateur) par consommateur potentiel est certes peu élevé, mais le nombre de ces individus lui, l'est. Et l'utilisation de solutions de communication représente un levier de développement économique susceptible de permettre à ces personnes de générer plus de revenus. Et donc de plus consommer à l'avenir.
Le suédois VNL, par exemple, dont un article est à paraître demain sur le site de L'Atelier, a mis au point des antennes relais peu énergivores et alimentées via des panneaux solaires. Le but est de permettre aux opérateurs d'étendre leur réseau à faible prix, les promesses de gain issues des ruraux n'étant pas élevées. Mais s'annonçant bien concrètes et durables : ces individus ont envie d'accéder à des services voix et sont prêts à payer pour cela.
D'autres sociétés internationales étaient présentes sur le salon, mues par la même idée : atteindre dés à présent ces consommateurs à un moment où, sur la scène internationale, le marché arrive à maturation. On peut parler de Movius, fournisseur de services de collaboration mobile, et qui propose désormais sur le marché africain et latino-américain des services de SMS vocaux personnalisés (via une image...). La compagnie travaille aussi sur une solution de "virtual phone" dans la lignée d'Equatel.
Un concept de téléphone virtuel qui fait tache d'huile. ComViva propose également sa solution, ainsi que Movirtu, issu de Grande-Bretagne. Chacune a ses petites subtilités, mais en gros le principe est le même : donner un numéro de téléphone à une personne qui pourra du coup appeler, être appelée et envoyer des SMS en utilisant n'importe quel mobile ou une borne fixe sans-fil dédiée. Du côté du britannique, cela s'appelle MXShare. Son credo ? En toute simplicité : "Mobile for the next billion". Tiens, celui de VNL est "Microtelecom for the next billion users". Innovation ne rime pas forcément avec imagination...

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media