La politique de l'enfant unique en Chine, qui faisait partie des premières choses qu'on vous apprenait à l'école dès qu'on abordait la connaissance du pays - généralement en encadré jaune dans le livre d'histoire, accompagné de sa photo de mère de famille peu nombreuse - a vécu.

J'ai lu en effet dans Libération il y a deux jours que les responsables du planning familial de Shanghai venaient de lancer une campagne pour encourager leurs citoyens à mettre au monde désormais non pas une, mais deux progénitures.

Les Shanghaiens pourront du coup bientôt eux aussi connaître les plaisirs de courser l'aîné dans les endroits publics, tout en tenant dans ses bras le petit dernier occupé à baver en rythme sur la main de maman (oui j'ai une image très saine de la maternité). Mais aussi arborer avec fierté l'image d'une famille comprenant le papa, la maman et les deux têtes blondes. Ou brunes.

Bonne nouvelle ? Et bien pas du tout. Parce qu'à l'heure où les Chinois pensent pouvoir se consacrer enfin librement aux joies de la procréation, outre-Atlantique le verdict est clair : les enfants, c'est bien, mais trop, ça pollue. Comprenez pollution non pas visuelle ni de votre environnement sonore, mais bien pollution environnementale. Une technique un peu tordue du planning familial pour généraliser l'utilisation de moyens de contraceptions ? Campagne marketing du lobby catholique pour la virginité jusqu'au mariage et peut-être même après ? Non, non, étude très sérieuse de l'université américaine de l'Oregon qui recommande aux parents de "faire un enfant de moins". Selon l'étude, l'impact carbone et le dégagement de gaz à effet de serre de tout nouvel individu né sera à peu près vingt fois plus important que celui d'une personne ayant passé la totalité de son existence à faire attention à l'environnement : moins conduire, et une voiture hybride, recycler, utiliser du matériel moins gourmand etc.

Et pour vous faire encore plus trembler dans vos chaumières, je rajouterai que tout nouvel individu sur cette terre étant amené lui aussi à se reproduire, il faut penser lors de la conception d'un bambin que celui-ci non seulement représente un énorme paquet d'émissions carbone, mais qu'il porte aussi en lui les millions de kilos de CO2 que ses descendants produiront. Brrrr….

La solution pour les adeptes des familles nombreuses mais à la conscience écolo ? Aller fonder sa tribu au Bangladesh : l'impact carbone d'un enfant né dans ce pays est cent soixante fois moins élevé que celui d'un jeune ayant vu le jour aux Etats-Unis. Mais celle-ci a de très fortes chances de n'être que temporaire, au fur et à mesure que les pays en voie de développement, eh bien, se développent. Qu'ils accroissent le nombre de leur population. Et que celle-ci consomme de plus en plus.

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media