Réparons vite cet oubli. L'euro risque de relancer la guerre des prix. Dans le secteur du grand commerce, seule l'adaptation des systèmes informatiques semble aujourd'hui préoccuper les "monsieur eu...

Réparons vite cet oubli. L'euro risque de relancer la guerre des prix. Dans le secteur du grand commerce, seule l'adaptation des systèmes informatiques semble aujourd'hui préoccuper les "monsieur euro" et les groupes de travail. Selon un sondage LSA-Deloitte & Touche de juillet 1997, 69 % des distributeurs auraient initié des actions dans ce domaine. La grande distribution, tout en mettant l'accent sur les coûts informatiques, sait parfaitement que l'euro sera également synonyme d'opportunité commerciale, notamment dans le domaine des relations clients. Ainsi, Christian Nouvion, directeur des services financiers du Printemps reconnait bien volontiers "l'accompagnement de la clientèle est primordiale, il peut créer un avantage concurrentiel et constituer une valeur ajoutée à la vente. C'est pourquoi notre plan d'action a été rédigé par les commerciaux et non par les financiers et les informaticiens". Même si le développement du hard-discount se poursuit, les Français craignent de voir valser les étiquettes avec l'arrivée de l'euro. La grande distribution risque bien d'accroître la pression exercée sur ses fournisseurs pour pouvoir atteindre de nouveaux prix psychologiques en euro sans pour autant rogner sur les marges. Pour obtenir les meilleurs emplacements dans les gondoles, les fournisseurs risquent de voir la concurrence s'accroître. Selon Pierre Fleischmann, responsable du marketing chez Lotus Developpement "les négociations seront encore plus rudes qu'aujourd'hui car, avec l'arrivée de l'euro, le temps de la prise de décision d'achat (par le consommateur) sera multiplié par cinq, or, dans un hyper, c'est le flux qui crée la richesse". Tout en sachant qu'ils pourront comparer plus facilement les prix de différents fournisseurs européens, sans avoir à supporter les coûts des opérations de change, les distributeurs auront tendance à réserver les meilleurs emplacements aux produits les plus vendables. Chargé du projet euro d'Auchan, Michel Paillard indique "en s'affirmant comme une devise internationale, l'euro pourrait aussi améliorer nos conditions d'achats hors Europe". ° Craignant une trop longue période de double circulation des monnaies, les commerçants redoutent de se voir imposer le double affichage des prix. ° Le petit commerce s'inquiète du risque de voir l'euro utilisé comme une nouvelle source d'affrontement concurrentiel. ° Expliquant comment son groupement se prépare au passage de l'euro, Michel-Edouard Leclerc, vice-président des centres E. Leclerc affirme "l'attentisme est la plus mauvaise et la plus coûteuse des attitudes". (Dossier de trois pages - la Tribune - 07/10/1997)