Cela fait des années que je peste sur les journalistes politiques, qui ont abandonné l’analyse au profit du commentaire. En bref, quelle que soit l’élection, tout est vite ramené à machin qui a distillé ses petites phrases méchantes, sur bidule qui va devoir abandonner son poste parce que son ami lui a tiré dans les pattes, et est-ce que vous pensez vous allier avec Tartempion qui a eu deux élus de plus que vous. Hier soir c’était le pompon.

Élection européenne, on pouvait s’attendre à des mises en perspectives intéressantes. Du type : sachant qu’ils ont voté cela en France, cela en Espagne, cela en Pologne, etc., on peut s’attendre à avoir telle compositions dans le parlement, et telle conséquences sur la politique européenne.

Mais non, inévitablement cela revenait à dire que tel parti avait gagné ou perdu dans le sud de la région picarde, perdu ou gagné dans le nord de Marseille.  Sur Twiter la même chose, mais avec un temps d’avance.  Et sans les questions à la mode Voici, sans les réponses larguées.  Ce qui inévitablement me fait penser à la crise des média. Pourquoi acheter des journaux pour ne lire que des commentaires, pourquoi regarder la télévision durant une heure si l’on peut avoir la même désinformation en quatre tweets et deux liens ? Reste que ces infos tweetées n’avait pas d’intérêt non plus.

À quoi bon savoir que tel ou tel avait 15% des voix avec 30% de marge d’erreur à 17h. Et que cela ne m’a pas appris ce qu’allait devenir le parlement européen, ce qu’il allait voter, si oui ou non le président de la commission européenne allait changer. Bref, Twitter n’apprend rien, mais c’est toujours mieux que de perdre son temps devant la télévision.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia