millions d'habitants, près d'un million de Néerlandais utilisent régulièrement Internet sans compter les occasionnels. D'emblée, Amsterdam a su comprendre et accueillir le réseau. En 1993, alors qu'...

millions d'habitants, près d'un million de Néerlandais utilisent régulièrement Internet sans compter les occasionnels. D'emblée, Amsterdam a su comprendre et accueillir le réseau. En 1993, alors qu'Internet n'était connu, aux Pays-Bas comme ailleurs, que des scientifiques et des "hackers", l'idée est venue de créer un "Amsterdam virtuel". Afin de montrer aux habitants d'Amsterdam ce qu'est Internet, un groupe d'activistes aidés par le centre culturel De Balie et par le premier fournisseur d'accès du pays, XS4ALL, mettent en place en janvier 1994 un service en ligne local et un système d'accès gratuit à Internet. Connaissant un succès foudroyant, les élus locaux impressionnés décident, au bout de trois mois, de péreniser l'expérience en accordant une subvention pour un an. "La ville numérique" De Digitale Stad (DDS) était née. Sur 1 million d'habitants à Amsterdam, DDS compte aujourd'hui 50 000 "citoyens" enregistrés. Bien que les subventions se soient arrêtées fin 1994, les initiateurs du projet ont mis en place un mode de financement original. DDS propose aux entreprises des prestations payantes (création et hébergement de sites, gestion de bases de données, Intranet, etc..) afin d'offrir aux particuliers et aux associations des services gratuits. Les bénéfices sont réinvestis dans la ville numérique. Dès son inscription, chaque habitant d'Amsterdam qui bénéficie par DDS d'une connexion gratuite à Internet, a accès au courrier éléctronique, aux newgroups, aux canaux de téléchargement en direct et aux sites de téléchargement. Cependant, l'accès au Web est limité à une sélection de liens et de sites rapatriés sur les serveurs de DDS. Les citoyens font eux-mêmes leur choix se créant ainsi un mini-Web sur mesure. La ville numérique est structurée autour de "squares" consacrés à différents thèmes, à la fois banque de données et lieu de dialogue. Tout en assurant la présence sur le réseau d'évènements culturels et artistiques, DDS possède ses journaux et magazines en ligne. Chaque année, les "hackers" de tout pays se réunissent en Congrès aux Pays-Bas. Les ordinateurs sont alors partout aussi bien sur le toit des voitures, que sur le sol ou bien dans les tentes, les caravanes et les camionnettes. Si chacun échange des recettes, des logiciels de piratage, écoute des conférences technico-philosopiques, ils sont surtout là pour s'affronter sans merci, nuit et jour, chacun essayant de pirater le voisin. Comme l'a si bien dit un policier "Il n'y a qu'aux Pays-Bas que cela pouvait arriver". (Dossier de deux pages - Supplément Télé - Radio- Multimédia - Le Monde 07/08/09/1997)