et si les compostions électronique n'étaient qu'un simulacre de la musique elle-même?

 

La musique est un sujet sur lequel je m’emporte facilement. Allez,  n’ayons pas peur de le dire, je suis assez totalitaire lorsqu’il s’agit de distinguer ce qui est musical de ce qui ne l’est pas…
Je préviens donc : ce qui va suivre ne constitue pas une tentative de conversion à ma religion musicale. Il s’agit simplement d’un exposé purement subjectif et rempli d’hypocrisie, visant à défendre ma musique. Celle que j’ai plaisir à écouter, et qui disparaît irrémédiablement dans les méandres de la modernité.

 

Je vais ainsi, à mes risques et périls, tenter de justifier la raison pour laquelle la musique électronique moderne n’est, à mon sens PAS de la musique (Ce qui est clairement hypocrite, puisque je ne répugne pas à en écouter quelques morceaux choisis durant mes instants de faiblesse). Attention : Le terme de « musique électronique » que j’emploie ici et dans toute la suite du texte est restrictif. Il ne regroupe que les musiques synthétiques, réalisées uniquement par ordinateur ou via des boîtes à rythme, sans recourir à des instruments classiques

Plutôt que de décrier le style en question, ce qui serait finalement peu constructif, je vais plutôt m’attacher à décrire ce qui pour moi, fait la musique. La musique, c’est avant tout une rencontre. Une rencontre entre un instrument et un artiste, entre la mélodie et le compositeur. Tout comme l’émotion du chanteur transparaît dans sa voix, le guitariste transmet ses sentiments à l’instrument. Lorsqu’un musicien joue sa partition, il la vit ! Le violoniste caresse ses cordes, le trompettiste effleure le cuivre… Pour résumer, on pourrait dire que quelque chose se passe. Une sorte de monde parallèle se créé, où ne sont présents que le musicien et son instrument, pour toute la durée du morceau.

Passons à la musique électro : Dans celle-ci, point de doigté ! La performance et l’imprévu disparaissent pour laisser place à l’arrangement : l’auteur règle les sons à sa convenance, rajoute un « la », ou change l’octave sans effort.  II n’y a plus d’osmose, la platine disque jouant à la fois le rôle de l’instrument et de son musicien. Et ne me dites pas que cette platine constitue finalement l’instrument du DJ, au même titre qu’un saxo ou une contrebasse. Elle n’est qu’un intermédiaire, qui restitue des sons préenregistrés. Elle n’engendre pas de création à l’état pur.  A l’inverse, chaque nouvelle note du musicien est, par nature, nouvelle, aléatoire, éphémère, et fruit de la créativité de celui-ci.

Alors, certes, je me dois faire certaines concessions : Dans L’électronique, il reste l’inventivité de l’homme, sa capacité à assembler ces divers sons pour en faire un ensemble cohérent et plaisant. Et inversement force est de reconnaître que la plupart des musiciens classiques ont recourt à des artifices électroniques pour arranger leur compositions (ce qui donne parfois naissance à de petits bijoux d’harmonie). Mais la différence fondamentale persiste : le lien entre musicien et instrument est là pour l’un, pas pour l’autre. Keith Jarreth ou Duane Allman font la musique, quand Daft Punk ou Justice se contentent de la reproduire…

Attention ! Je ne suis absolument pas en train de nier le côté artistique de la production électro. Je l’ai dit, leurs œuvres relèvent de la création et de l’invention. Mais celle-ci ne rentre pas dans ce que je considère usuellement comme de la création musicale.

 

 

Pour conclure, j’admets pouvoir apparaître un peu (beaucoup) rétrograde à travers cette prise de parole (ce que je suis, musicalement parlant). Mais pour moi, la musique est un cœur qui bat à son rythme, un cœur créé par le musicien et son instrument. Et lorsque le cœur n’y est plus, la musique cesse d’être musique pour redevenir du son. 

 

(*) titre librement inspiré du roman presque éponyme, "Do androids dream of electric sheeps", écrit par Phillip K. Dick
Rédigé par Johnatan Farouz