Les produits électroniques et informatiques doivent se fondre dans notre quotidien. Interagir avec eux devant être source de plaisir et non pas réalisé dans un simple but utilitaire. Voilà ce qu'explique Hiroshi Ishii, le responsable du Tangible Media Group au MIT. Dans ce but, il développe des applications qui rendent plus concrets des services dématérialisés comme le cours de la bourse ou la météo. A L'Atelier, nous vous avions déjà parlé du parapluie station météo développé par la spin-off du groupe, Ambient Devices. Celle-ci a persévéré, et propose depuis quelques temps des objets qui s'animent en fonction de flux diffusés sur le web. L'un de ces dispositifs, Ambient Orb, est un globe qui change de couleurs en fonction des informations : rouge quand les cours de la Bourse plongent, vert quand ils remontent.

Le but étant de fournir ce qu'il appelle une information ambiante. Ce, afin de répondre à un besoin qui dépasse celui de la technologie. "Les technologies et les applications deviennent toutes obsolètes avec les ans. Le design, la vision d'une technologie dirigée par l'art, eux survivent", commente-t-il. Autre produit développé : le ScoreCast Football, qui réunit les résultats, les statistiques et autres informations sur son club favori. Le système est relié à un réseau d'information mis à jour en permanence. Si la question se pose de l'intérêt de proposer un objet distinct pour un service alors qu'il est possible d'accéder à une multitude d'entre eux depuis une seule plate-forme web, le chercheur réplique - et na - : "Ces appareils se fondent dans une pièce. Ils sont comme une horloge dont on oublie l'existence mais qui distribue une information utile instantanément quand on la regarde".

A vous de me dire si cela vous convainc. Moi, ce qui me gêne, c'est le communiqué un peu dithyrambique rédigé pour chanter les louanges de M. Ishii, vu comme une sorte de messie de l'objet communicant. Et le texte de rappeler d'ailleurs que c'est son équipe qui avait réfléchi au concept d'écran commandé par le geste dont Tom Cruise se sert dans le célébrissime Minority Report - célébrissime non par sa qualité cinématographique mais par la récupération du concept par tous les journalistes et amateurs qui parlent un jour d'un écran tactile ou commandé à distance.

Des qualités de ce chercheur dont un de ses collaborateurs dit qu'il est "capable de trouver ce rien de nouveauté dans chaque travail de ses étudiants", je ne doute pas, mais le communiqué sent quand même le fond de marmite high-tech réchauffée. Depuis le globe, nous avons quand même eu le lapin, et depuis "le beau" - ça se discute - Tom Cruise, plusieurs projets d'écran contrôlable par le geste comme celui du Fraunhofer. M'enfin, comme dirait l'un des héros de mon enfance - oui, ceci explique cela...

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media