En fouillant dans mon grenier je suis tombé sur un vieux bouquin : Le livre mondial des inventions, édition 1991. 1991, mais si, rappelez-vous : Bill Gates avait 35 ans et n’était encore que la quatrième fortune des États-Unis (parfaitement risible). Ne parlons même pas de Larry Page, alors un simple adolescent boutonneux du Michigan gribouillant des slogans rageurs sur les bancs de l’université : With Larry Page stop giggling and start googling. On attend encore l’analyse au Carbone 14 pour confirmer l’authenticité de la trouvaille. Revenons-en à nos bouquetins. Bouquins. Par curiosité je suis allé voir ce que les habitants du cyber-néolithique pouvaient bien raconter à la section "informatique".

J’y ai trouvé un article très sérieux sur les progrès de la traduction automatique.

Où vous apprendrez avec moi que, dès 1946, les dénommés Weaver&Booth envisagèrent d’utiliser un calculateur pour aider à la traduction. On manquait de rigueur en 1991 et on ne saura donc pas ce que ça a donné puisque l’article passe sans transition à 1970. A cette époque, le docteur P.Thomas développe un système de traduction universel, le Systran dont la première utilisation spectaculaire a eu lieu lors de la rencontre Apollo-Soyouz en 1975. En 1981 le système est adopté par la CEE. Là non plus, l’article n’est pas très prolixe sur l’efficacité dudit logiciel, mais quand on sait que le département chargé des traductions du Parlement Européen emploie aujourd’hui 1300 fonctionnaires dont la moitié de traducteurs, on peut penser qu’il y avait encore des progrès à faire.

Comme moi, une question vous brûle sans doute les lèvres : où en est-on aujourd’hui, près de 63 ans après les balbutiements de la traduction automatique ? Les rêves de 1991 sont-ils devenus la réalité de 2009 ?

Pour le savoir, j’ai imaginé une rencontre sur MIR (la station spatiale internationale, pas la lessive). J’ai traduit à l’aide du fameux système Systran la phrase suivante : "La traduction automatique, c’est un petit pas pour l’homme mais un grand pas pour l’humanité". Du français je suis passé à l’anglais, puis au chinois, au russe, à l’allemand et à l’arabe avant de revenir au français (pour vérifier). Je vous laisse juges du résultat.

"La traduction automatique est la modeste entrejambe qui réchauffe toutefois l’asphalte de l'humanité".

Rédigé par Nathanaël Vittrant