Le week-end dernier c’était Halloween, soyons morbides.

Vous vous souvenez peut-être de cette pub d’un grand constructeur automobile français (pas de marque) où l’on voyait des robots assembler une voiture sur une chaîne de montage avec une fougue égale à celle de l’artiste en création. L’"œuvre" était d’ailleurs signée du nom d’un grand peintre franco-espagnol (toujours pas de marque).

Les chaînes de montage automatisées, rien qui ne choque plus personne. Depuis les métiers Jacquard, on s’est habitués à voir la machine se substituer à l’homme pour les tâches pénibles et répétitives. Quand la transition n’est pas brutale et que le processus ne jette pas des milliers de travailleurs à la rue, c’est une idée désormais largement acceptée.

Une initiative suisse pourrait remettre en cause ce statu quo. L’université de Bern propose en effet d’utiliser des robots pour pratiquer... des autopsies. Les chercheurs ont déjà mis sur pied des autopsies virtuelles qu’ils ont joliment baptisées "virtopsies". A défaut de bon goût, ils ont le sens du marketing.

Le système combine une imagerie en 3D de la surface du corps et un scanner de son anatomie interne. L’objectif est de créer un double du corps à autopsier, un processus qui ne peut être bien fait que s’il est automatisé. Autre avantage, il n’y a plus besoin d’extraire les organes entier : seuls des fragments sont extraits par pour être analysés, laissant le corps à peu près intact.

Pour les scientifiques, l’utilisation de robots pour procéder à l’autopsie est de nature à en faire une expérience "beaucoup moins traumatisante pour les proches". Permettez-moi d’en douter.

Rédigé par Nathanaël Vittrant