2010 marque véritablement le décollage des réseaux sociaux d'entreprise dans l'Hexagone. Si plusieurs solutions ont été utilisées pour les pilotes dans les années précédentes, deux mouvements se renforcent.

Combien de fois a-t-on vu cela : un pilote qui est un succès avec une "petite" solution. Mais quand il a fallu déployer la solution à une échelle globale, il a été décidé de revenir vers les grands éditeurs. Comme si ces solutions n’avaient pas fait leur preuve, ou pour reprendre un verbatim souvent entendu "bon maintenant c’est du sérieux, il nous faut une vraie solution". On se tourne alors - et c'est le premier mouvement - vers les Microsoft, IBM, et autres Opentext. Cela contre l’avis des utilisateurs et du retour d’expérience positif qui a été mené. Un coup pour rien ? Pas tout à fait. Si les utilisateurs doivent de nouveau se familiariser avec un nouvel outil, la mise en place d’une culture collaborative a déjà commencé à porter ses fruits et les freins au changement seront moindres pour cette nouvelle solution.

Se tourner vers les gros éditeurs

Il ne reste plus aux plus petits qu’à trouver une niche où ils pourront continuer à croître et démontrer la fiabilité de leur solution; l’espace généraliste étant occupé par le rouleau compresseur des "gros" éditeurs. Autre mouvement complémentaire du premier, le besoin de ne plus séparer collaboratif et SI classique. Le premier à l’avoir compris c’est Salesforce, en intégrant du social à travers l'extension "Chatter" à son CRM. Mais il n’est pas le seul. SAP, Cisco, ou encore Oracle prennent la même voie, avec une solution collaborative qui se fond avec l’ERP, moyens de communication et autre composante du SI. L’utilisateur final va avoir sous les yeux une interface unique, un univers graphique identique quelque soit l’outil informatique qu’il utilise. Dans ce cadre, IBM avec son univers Lotus est bien placé pour répondre à cette attente, de même que Microsoft qui possède toujours un écosystème dominant dans le monde de l’entreprise.

Un système d’information fondu dans le collaboratif

Google entre aussi dans le jeu, même si on se pose la question sur la partie "collaborative" proposée. Difficile encore pour les petits éditeurs de résister, ne pouvant en aucun cas proposer un SI complet clef en main. Il faut cependant signaler une initiative originale pour répondre à cette problématique, c’est celle de Jamespot avec son "social-ready". L'objectif est de coupler les processus métier au réseau social d'entreprise pour apporter de "l'intelligence" dans les processus. Les espaces collaboratifs sont synchronisés avec le processus métier dédié, ainsi les opérations effectuées dans le processus sont publiées au sein du réseau social de l'entreprise. Il ne reste plus à Jamespot que de convaincre les éditeurs et les intégrateurs de connecter leurs applications (il y a aujourd’hui une vingtaine de modules disponibles).