Depuis le 11 septembre 2001, les obsessions terroristes aux Etats-Unis donnent du travail aux spécialistes du traitement de l’information. La société Seisint a bien compris cette tendance...

Depuis le 11 septembre 2001, les obsessions terroristes aux Etats-Unis donnent du travail aux spécialistes du traitement de l’information. La société Seisint a bien compris cette tendance. Spécialiste dans le traitement et l’analyse rapide de quantités d’informations incluses dans des fichiers informatiques, Seisint a mis au point un programme spécifique qui traite les données personnelles des citoyens américains.

L’objectif de ce système, aujourd’hui utilisé par cinq Etats américains – Floride, Pennsylvanie, Connecticut, Michigan et Ohio – est d’établir les listes des personnes susceptibles de liens avec le terrorisme. 120.000 personnes ont ainsi été identifiées par le programme de Seisint, baptisé Matrix. Les critères analysés par la base de données concernent le sexe, l’âge, l’origine ethnique, le casier judiciaire, les brevets de pilotage, le permis de conduire, les antécédents en termes de contraction de crédits, etc.

Seisint se targue ainsi d’avoir contribué à l’arrestation de criminels sur le sol américain. En somme, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le programme Matrix ne violait pas cruellement la vie privée des citoyens. L’American Civil Liberties Union (ACLU) a demandé aux autorités américaines de lui préciser quelles sont les personnes en droit de consulter ces listes de noms.

L’organisation a également évoqué les dangers que constitue pour les citoyens l’établissement d’une pareille liste, qui donne le droit aux autorités de surveiller des citoyens à leur insu. Un individu d’une trentaine d’années, d’origine arabe, qui porte la barbe sur la photo de son permis de conduire et prend des cours de pilotage le dimanche à l’aérodrome près de chez lui, par exemple… devrait avoir du souci à se faire : « Etre simplement associé à une liste liée au terrorisme suffit à vous nuire », comme le rappelle l’ACLU.

(Atelier groupe BNP Paribas - 24/05/2004)