Les plateformes communautaires touchent toutes les générations. Même s'ils sont de plus en plus critiqués, le nombre gigantesque d'internautes qui y sont inscrits soulève des questions sur notre façon de communiquer et de nous exposer aux autres.

Besoin d'un réseau social pour exister?

 

Il n’y a pas que les ados qui sont tombés sous le charme des réseaux sociaux. Une récente étude menée par l’université de Guelph a en effet montré que les parents ont, comme leurs enfants, tendance à dévoiler leurs informations personnelles sur Facebook. Et cela passe par des commentaires, des vidéos postées, des recommandations, mais aussi par des photos. Et oui, maman aussi préfère mettre une photo agréable plutôt que celle où elle se réveille le matin. Et cela correspondrait à une tendance au partage, où les gens sont de moins en moins à même de sacrifier une popularité virtuelle -qu’ils découvrent sur les réseaux sociaux- en verrouillant  l'accès à leurs données personnelles.

Les réseaux sociaux constituent donc une plateforme qui permet les interactions mais qui surtout incite à créer des liens les uns avec les autres. Un sujet assez fascinant qui a d’ailleurs été développé par Gad Saam dans un livre sur l’instinct de consommation* des êtres humains et dont l’atelier a consacré un papier la semaine dernière...

Cela vient à légitimer scientifiquement l’usage des nouvelles technologies et en particulier des réseaux sociaux : notre besoin biologique de communiquer. Et des chercheurs sont encore surpris de voir que oui, papa, maman et même votre vieille tante Roberte que les années ont sérieusement abîmée, ont un compte Facebook sur lequel ils postent des photos qui les valorisent. Parce que le lien social est favorisé par ce genre de chose : des photos où l’on est beau, et de préférence où l’on n’est pas seul.

Ce sujet est  largement repris dans les médias et dans la rue, je vous l'accorde. Mais j’ai l’impression que la nouvelle étape pour légitimer ces agissements un peu gênants – et oui moi aussi j’ai une belle photo sur mon compte Facebook, pourquoi ?- est de se dire que ces plateformes répondent à un besoin biologique. C’est vital, alors ne nous posons pas trop de question sur l’usage réel que l’on en fait... 

 

 

*The Consuming Instinct : What juicy burgers, Ferraris, Pornography, and gift giving reveal about human nature. 

Rédigé par Estelle Caudal