Un mois après le lancement de l'euro, les consommateurs sont passés d'une "indifférence abyssale à -pour une infime minorité- la curiosité, pour replonger début février dans le plus profond des déda...

Un mois après le lancement de l'euro, les consommateurs sont passés d'une "indifférence abyssale à -pour une infime minorité- la curiosité, pour replonger début février dans le plus profond des dédains". La pilule est dure à avaler pour un grand nombre de distributeurs. Directeur projet Euro chez Auchan, Michel Paillard admet "on est déçu par cette faible réaction, alors que nous avons largement investi en amont". Résultat, malgré tous les efforts de la distribution, les Français sont restés fidèles au franc. Si plus de 10 000 transactions ont été effectuées en euros au mois de janvier, cela représente à peine 0,1 % des paiements mensuels dans les hypermarchés français. Si en France, les transactions sont faibles, elles sont quasi-inexistantes en Espagne, Italie ou Allemagne. Quant aux Pays-Bas et en Finlande, les paiements en euros ne pourront s'effectuer qu'à compter du 1er janvier 2002, ce qui ne semble perturber ni distributeurs, ni consommateurs. Du reste, Ahold aux Pays-Bas n'a pas voulu développer le double-affichage. Sjaak Duin a ainsi expliqué aux membres du CIES "il n'est pas nécessaire de pratiquer le double-affichage qui n'éduque en rien le consommateur. Au contraire, cela crée la confusion plutôt que la clarté. On court le risque de diluer l'information sur l'euro, alors que le consommateur paie avec sa monnaie nationale. Tant que la monnaie locale a cours, le consommateur est insensible au double-affichage". Pourtant en France, l'instauration du double-étiquetage fait l'unanimité que ce soit dans la distribution alimentaire ou spécialisée. Toutes les enseignes s'y mettent. En revanche, bien que toutes les enseignes clament que leurs magasins acceptent les paiements en euros, chez certaines, cela ne se passe sans mal. Dans les trois quart des cas, il faut libeller le chèque manuellement. Pour les cartes bancaires, rares sont les lignes 100 % équipées, c'est souvent un TPE portable qui navigue de caisses en caisses. Dans certains cas, il faut même se déplacer vers une caisse dédiée à l'euro. Néanmoins, les enseignes sont bien décidées à accélérer les actions d'informations au travers de jeux dans les écoles, d'un double affichage plus présent, de rencontres dans les lieux de vente. Même si elles ne parviennent pas à convaincre le consommateur, elles doivent apporter la preuve de l'intérêt de son utilisation.

Bilan des paiements en euros en janvier 1999 dans certaines enseignes. Carrefour a enregistré 6 500 paiements CB (dont 3 500 la 1ère semaine et 1 400 la dernière), 1 150 chèques (130 la 1ère semaine, 400 la seconde, 620 la 3ème). Aucun règlement en Espagne et Italie, 3 au Portugal. A Auchan, 3 000 transactions chèques et CB ont été réalisées en euros (1 paiement sur 100 en zone urbaine et frontalière, 1 sur 300 ailleurs). Cora : 850 transactions en euros (50/50 chèques/CB). Avec 160 paiements, Strasbourg a réalisé la meilleure performance. Montant moyen du ticket de caisse : 70 euros. Leclerc : 5 000 CB et 2 000 chèques. Continent, Champion, Groupement des Mousquetaires, Castorama : non significatif. Leroy Merlin : 560 paiement (410 CB, 150 chèques) Au Printemps Haussmann, 40 transactions ont été réalisées en euros, dont 30 au secteur mode (10 en chèques, 20 en travellers) et 10 sur les secteurs Maison et Brummell. Galeries Lafayette (Paris Haussmann) : 1 000 chèques et travellers en euros. (Dossier de quatre pages - Points de Vente - 10/02/1999)