« Cache me » if you can

Vendredi et samedi dernier avaient lieu près de Düsseldorf un festival de geocaching (prononcez "caching" à la française), organisé par Garmin. Envoyé spécial pour L’Atelier, je me plie avec plaisir à l’exercice délicat du compte-rendu.

Le geocaching, c’est une activité qui consiste à traquer des "caches" à partir de leurs coordonnées GPS. Vu comme ça, ça a l’air assez simple. En fait les geocacheurs sont plein d’imagination, et atteindre le lieu d’une cachette ou trouver où elle est planquée exactement peut demander quelques efforts et beaucoup de patience. Pas de récompense à la clef, simplement le plaisir d’avoir trouvé la cache et souvent un petit journal où on peut laisser une trace de son passage.

Le planning que j’ai reçu avant de partir m’informe que je suis censé participer à la décoration de la salle en vue de l’accueil des journalistes, à 7h du matin. Il faudra aussi que je songe à m’accueillir moi-même à l’aéroport en pratiquant une danse tahitienne. Je crains qu’on nous ait envoyé l’agenda des organisateurs. Moi ça m’a fait sourire, mais la personne de chez Garmin (fort aimable par ailleurs) préposée aux petits soins du groupe de journalistes français ne s’en est pas toujours pas remise. A l’aéroport, notre chauffeur de taxi se perd en se rendant à l’hôtel. Visiblement, lui, n’est pas un adepte du GPS.

L’après-midi, on nous emmène sur le lieu du festival : un ancien complexe industriel désaffecté et réaménagé en espace culturel. Enfin, quand je dis réaménagé, je parle de l’intérieur. Tous les bâtiments et les infrastructures ont été conservés. Le site est magnifique et particulièrement impressionnant, il est d’ailleurs classé à l’UNESCO. J’étais trop encombré par la caméra pour emmener mon appareil photo, et croyez bien que je le regrette. Vous pouvez tout de même admirer les clichés officiels.

La conférence de presse qui suit était assez classique. Point notable, le directeur marketing s’est fait remballer par une journaliste "chienne de garde" (elle s’est elle-même définie en ces termes) pour avoir suggéré que certains services d’amélioration de la conduite étaient "particulièrement adaptés à sa femme". Deuxième crise cardiaque de l’attaché de presse.

Ensuite, petite démonstration de géocaching. On m’interpelle à plusieurs reprises pour me demander pourquoi je transporte une matraque. C’était le pied de la caméra. Note personnelle : apprendre à sourire sans avoir l’air d’un psychopathe. Ensuite, on nous a fait essayer les GPS automobiles et toutes leurs fôôôôrmidables fonctionnalités. Petit voyage en Mini dans le site. Notre GPS, que nous baptiserons Robert, était en effet fort urbain. Il était capable de recalculer notre itinéraire poliment et à l’envi lorsque nous débouchions dans un cul de sac (ce qui est arrivé régulièrement, les organisateurs tenant à nous faire la démonstration de la flexibilité de Robert). Robert a quand même connu un petit moment d’affolement quand notre équipage s’est obstiné à ne pas suivre ses consignes.

Le parcours était conçu sous la forme d’un jeu de piste très simple, destiné à nous faire essayer les différentes applications du GPS. Par exemple, il fallait consulter la météo à Londres et ensuite aller chercher le mot clé "sunny" dans les destinations préenregistrées pour passer au point suivant. Oui, c’est aussi une des découvertes de ce week-end, il faisait beau à Londres. Pour la dernière étape, il nous fallait vérifier dans l’annuaire à qui appartenait un numéro de téléphone. Il s’agissait d’un certain Günther Kast, un parfait inconnu.

Après avoir résolu avec facilité et décontraction cette dernière énigme, nous nous mettons donc en route pour revenir au point de départ, toujours en suivant les indications de Robert. Après avoir roulé quelques kilomètres, il est devenu évident que nous étions en train de nous éloigner du site. En vérifiant, le parcours sur le GPS, il a semblé que Robert soit parti pour nous emmener à plus de 50 kilomètres. Après vérification, nous avons simplement utilisé une fonction du GPS à laquelle les organisateurs n’avaient pas pensé. Plutôt que d’aller chercher dans les destinations préenregistrées celle au nom de Gunther, notre chauffeur a directement demandé au GPS de calculer l’itinéraire depuis les pages jaunes. Nous étions donc très sereinement en train de nous inviter à dîner chez Günther Kast.

Le responsable des relations publiques de Garmin, au bord de l’apoplexie, nous a accueillis avec un soulagement non feint.

Le soir, dîner sur le site dans un restaurant très chic. Beaucoup plus chic en tout cas que les journalistes à qui l’on avait donné pour consigne d’être habillés décontractés. Personnellement, je sais qu’un restaurant est trop chic pour moi quand il y a plus de couverts sur la table que de légumes dans mon assiette. Nous avons ensuite eu le droit à une visite du lieu, de nuit. Il est tout aussi splendide. Et cette fois, je n’avais même pas la caméra avec moi. Ca valait peut-être mieux, je doute qu’on m’aurait laissé rentrer dans le restaurant avec une matraque.

Le lendemain avait lieu le festival en lui-même, qui a visiblement eu son petit succès. Sur le chemin de l’aéroport, notre chauffeur n’avait pas intérêt à se tromper : 5 GPS scrutaient la route...

Rédigé par Nathanaël Vittrant