Une équipe de l’Université Queen Mary de Londres a créé un nouveau clavier qui rend possible la création de sons que ne peuvent pas produire des pianos classiques

Des ingénieurs, compositeurs et musiciens de Queen Mary viennent de mettre au point un clavier, le TouchKeys, qui permet d’essayer de nouvelles techniques musicales. En effet, avec ses 26 capteurs par touche, le clavier fonctionne comme un écran tactile de smartphone pour détecter les mouvements effectués. Ainsi, la sensibilité du clavier permet de savoir exactement où le doigt a été placé et quel geste il a fait. En agitant son doigt sur une touche, cela crée le son d’un vibrato, en le faisant glisser le long du clavier, celui d’une guitare rock est émis.

Si Touchkeys est unique en son genre, d’autres pianos diffèrent des traditionnels, comme le Seabord de Roli. Ce dernier est un clavier où les touches en caoutchouc peuvent être pliées afin, là aussi de créer des sons étrangers au piano. Mais là où le Seaboard propose un piano complètement remodelé, McPherson propose avec le Touchkeys un appareil qui a l’apparence d’un piano traditionnel. Il déclare ainsi «essayer de préserver la sensation d’un clavier classique afin qu’un pianiste expérimenté puisse le prendre en main rapidement, en y ajoutant de nouvelles expressions techniques.» Dans le cas des deux claviers, les créateurs ont toutefois la même volonté, celle d’augmenter la créativité musicale.

Un autre clavier, conçu par Dylan Menzies de l’Université De Montfort à Leicester aide à produire les sons du violon. Pour cela, il faut appuyer sur les touches correspondant aux notes désirées et manœuvrer un archer sur un cylindre en cuir. Ce dernier enregistre la vitesse et l’angle de l’archer et transmet ces données à un ordinateur qui reproduit le son souhaité. Le procédé a l’avantage de permettre à des amateurs de créer des sons qui nécessiteraient une grande maîtrise de l’instrument pour être reproduit avec un violon réel. Dylan Menzies explique que le O-Bow a été conçu pour les créateurs de musique électroacoustique «Ils se servent de claviers pour contrôler des logiciels complexes, mais ils sont limités pour les instruments à cordes, qui ont une vaste plage d’expression».

En tout cas,  l’équipe de créateurs, dirigée par Andrew McPherson, a prévu de démarrer ce mois-ci une campagne de levée de fonds sur la plateforme Kickstarter afin de commercialiser leur produit. Pour cela, il faudra en faire en sorte d’améliorer l’algorithme de détection des capteurs qui empêche pour l’instant le clavier de tenir compte des mouvements involontaires, tels ceux exécutés par les pianistes lorsqu’ils déplacent leurs mains en préparant leurs futures notes. De même, concernant le vibrato qui ne peut être émis seulement si le doigt se déplace assez rapidement sur le clavier.

 

Rédigé par Timothée Sicot
Chargé de veille