Les opérateurs chinois voient d'un fort mauvais oeil les solutions de téléphonie sur IP de type Skype qui, en plus d'appartenir pour la plupart à des firmes occidentales, risquent de porter...

Les opérateurs chinois voient d'un fort mauvais œil les solutions de téléphonie sur IP de type Skype qui, en plus d'appartenir pour la plupart à des firmes occidentales, risquent de porter préjudice à leurs sources de revenus à cause de leurs tarifs compétitifs. Pour préserver ses groupes télécoms, la Chine aurait alors décidé de ne pas accorder de licences de téléphonie sur IP avant 2008.
 
L'information a été révélée par Wang Leilei, directeur général de Tom Online, qui a déclaré que la Chine "n'accorderait pas de licences Voice over Internet Protocol (VoIP) avant 2008".
 
En 2005, l'opérateur historique China Telecom avait déjà entrepris d'interdire l'usage de Skype à ses abonnés de la province de Shenzhen, sous prétexte que les tarifs de la société luxembourgeoise étaient nettement trop avantageux et menaçaient ses propres revenus.
 
Par ailleurs, le gouvernement chinois n'apprécie peut-être pas la liberté de communication que procurent les solutions de voix sur IP, sans parler de leurs méthodes de cryptage des données échangées qui limitent la surveillance que peut appliquer Pékin.
 
En pratique, il est extrêmement difficile à la Chine d'interdire complètement à ses citoyens d'utiliser Skype ou ses concurrents. Il est toujours possible de se procurer les logiciels concernés même si les sites de leurs éditeurs respectifs sont rendus inaccessibles (sites miroir, peer-to-peer...). Cependant, les fournisseurs d'accès à Internet sont en mesure de mettre en place des barrages logiciels qui empêchent les logiciels de leur choix de communiquer avec le réseau.
 
Il suffit théoriquement pour cela de bloquer les communications sur le "port" qu'utilise le logiciel incriminé. Le port est une abstraction mathématique qui permet d'orchestrer et de distinguer les connexions initiées par les logiciels lorsqu'ils se connectent à un serveur Web. Par exemple, les serveurs Web, auxquels se connecte le navigateur, fonctionnent sur le port 80. A chaque port correspond normalement un service. Il suffit de déterminer quel port utilise quel logiciel pour éventuellement interdire son accès à Internet.
 
Notons que certains logiciels, comme le célèbre outil de peer-to-peer eMule, permettent à l'utilisateur de définir manuellement le port via lequel il souhaite se connecter. Il devient donc plus difficile d'en interdire l'accès au réseau.
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 21/03/2006)