Récemment, un site Internet provoquait un incident diplomatique entre la Grande Bretagne et la Californie. La "huitième puissance économique mondiale" hébergeait en effet un site qui proposait aux internautes britannique de noter... les prostituées. Ce qui n’a évidemment pas plu à Harriet Harman, la ministre travailliste déléguée aux femmes et à la parité, qui l’a fait savoir à Arnold Schwarzenegger.

Une étude des universités de l’état du Michigan et de Caroline du Nord tend à montrer que cette approche de plus en plus marchande du corps des femmes n’est pas un phénomène singulier. Les chercheurs américains remettent en question l’idée selon laquelle les clients de prostituées agiraient de manière isolée et éviteraient les échanges de peur des représailles ou de l’opprobre publique.

Non seulement Internet est devenu un outil pour faire appel aux services de prostituées, mais il a permis l’émergence de véritables "communautés" de clients. Des forums existent, proposant des services du même acabit que ceux qui ont provoqué l’ire de Harriet Harman. Non seulement les "Johns" - comme les appelle le rapport - s’y donnent-ils des conseils sur les "meilleurs coins" et votent pour les "services offerts" comme s’il s’agissait d’un film ou d’un bon restaurant, mais ils se préviennent également des opérations de police en cours. Mettant ainsi des bâtons dans les roues des forces de l’ordre. Ces sites d’un goût plus que douteux permettent aussi à ces clients très particuliers de justifier entre eux leurs activités.

"Ils se confortent ainsi dans l’idée que les prostituées constituent une marchandise plutôt que des personnes", notent les chercheurs. Tout en évitant le stigma social qu’induit habituellement le recours à la prostitution.

Les scientifiques estiment tout de même qu’une fois que la police aura rattrapé son retard dans l’utilisation du web 2.0, ces forums constitueront un outil déterminant dans la lutte contre la prostitution.

Rédigé par Nathanaël Vittrant