L'expérience spectateur était au cœur de la deuxième édition du Sport Numericus. On vous raconte.

Tous connectés en stade?

Apparemment, nombreux sont les acteurs du monde sportif qui ne se sont pas encore rendus compte de l’importance du numérique, ni ne savent comment l’appréhender. Ce qu’il ne faut, en fait, pas oublier, c’est que la façon de communiquer ou de partager l’information de Maradona n’a rien à voir avec celle de Cristiano Ronaldo. Un décalage important qui impacte non seulement les fédérations, mais tout l’univers du sport, sponsors compris.
 
Les acteurs du monde du sport vont donc devoir s'adapter. C'est pourquoi, Sport Numericus a réuni pour la seconde fois, hier, et pour la première fois au Stade de France, les acteurs du sport et du numérique. L'objectif de la journée: débattre de la pertinence du numérique dans le sport.

Au coeur de cette journée, l’expérience spectateur. Il existe en effet différentes manières de voir un match, soit devant un écran, soit au stade. Au stade, nous sommes coupés de tout. Surtout de nos réseaux. L'homme connecté est démuni. Quand on regarde un match à la télé, on apprend tout ce qui est en train de se passer sur le terrain. Et en plus, on peut interagir avec nos amis. Comment allier les deux ?
Le Stade de France s’y est déjà essayé. Au printemps dernier, un battle de tweets avait été mis en place à l’occasion de la finale du Top 14. Avant l’opération, des twittonautes toulonnais et toulousains avaient été recrutés sur leur capacité à animer un réseau. Et se livraient, le jour J, à une battle de tweets.

L’interaction, oui mais que faire quand en stade, il est parfois nécessaire de s’y reprendre à plusieurs fois avant de pouvoir envoyer un simple SMS, s’interroge Cyril Chacar, Global business development manager pour Cisco Systems.
« Aujourd’hui, le plus important est d’offrir une meilleure connectivité aux spectateurs. Mais aussi d’ajouter des services supplémentaires. Le spectateur doit et souhaite devenir acteur.»

Les exploitants français devraient y songer fortement, quand on sait que le panier moyen du spectateur du Superbowl est de 85$ contre 1€50 pour le supporter du RC Lens, grâce à une habile installation d'écrans, explique Cyril Chancar.

Oui, mettre le spectateur au milieu de l’évènement... On aime l’idée. Mais je me demande, à trop vouloir être connecté et dans l’action en permanence, ne risque-t-on pas de passer à côté du match? Où est l’émotion? L’expérience spectacteur, c’est aussi l’expérience... du match.

Rédigé par Ana Cervera-Lozano
Journaliste