L’initiative nous vient de l’autre côté de l’Atlantique, mais elle a ses adeptes en France. Depuis 2008, les agences de coworking poussent comme des champignons. Hausse du foncier, besoin de partager de la matière grise. Le coworking explose !

Le coworking fait de plus en plus d'adeptes en France

Dans le monde, les espaces de coworking sont en constante augmentation. Selon le magazine en ligne Deskmag, au 31 mai 2011, il en existait 820 dans le monde, dont 241 en Europe.

A Paris, de nombreux espaces de coworking sont disponibles pour les auto-entrepreneurs qui n’ont pas les moyens d’investir dans des baux hors de prix, pour ceux qui veulent retrouver l’ambiance machine à café, ou tout simplement monter des projets communs.

Dans la capitale, c’est La Cantine qui a ouvert la voie aux espaces collaboratifs. A sa tête, Silicon Sentier. Pour Paul Richardet, chef de projet pour l'association, le coworking c’est une fourmilière qui ne cesse jamais. "Ici, on va trouver de tout. Du petit étudiant timide au Mr. Google !".

Une chance selon lui, de mutualiser les compétences et surtout de créer une communauté. "C’est absurde de mettre de l’argent dans des murs, mieux vaut le mettre dans l’intelligence". Le succès de La Cantine, selon lui, ce sont les prix attractifs et le besoin de travailler ensemble. "Avant, le coworking, c’était un truc de geeks ! Les développeurs, les designers, tous voulaient créer leur cocon. Maintenant, on trouve aussi bien des journalistes indépendants, que des comptables ! C’est un grand brassage".

L’expérience de La Cantine s’est répandue en France. Il en existe à Rennes, Nantes, Toulouse et Toulon. Elles sont gérées par des associations locales, comme des franchises.

Et elles ne sont pas seules. A la Rochelle, Lille, Marseille, on a adopté la philosophie coworking.

Près du vieux port, La Boate remplit aisément ses 300 m2 d’open space. "Le nom c’est un clin d’œil au ferry-boat qui traverse le vieux port et que les Marseillais prononcent boîte", sourit Martine Sousse, la fondatrice du lieu. "Nous sommes les seuls à Marseille, même si de plus en plus de bureaux se créent, pour partager les frais". Ici, pas d’esprit individualiste. Chacun met la main à la pâte, même quand il s’agit de vider les poubelles ou faire les carreaux !

Même chose à La Coroutine, à Lille. Depuis un an qu’ils se sont installés, les coworkers travaillent en harmonie la plus complète. Chez eux aussi, ça avait débuté par une initiative de geek et ça a progressivement dérivé vers un énorme melting-pot. "Ici on trouve des traducteurs, des illustrateurs, des développeurs", se réjouit Simon Sarazin, coworker.

L'explosion des espaces de coworking peut s’expliquer par la hausse du prix des loyers, par l’envie de travailler ensemble mais aussi et surtout par la grande liberté que le phénomène introduit. "Souvent, les coworkers viennent ici parce qu’ils veulent trouver tout ce qu’il y a dans l’entreprise, de la machine à café à l’imprimante illimitée. Mais ce qu’ils cherchent, c’est aussi tout le contraire. Partager mais garder son indépendance". Dans l’espace coworking, chacun est aussi libre de quitter l’endroit quand ça lui chante. Pas de contrat, pas d’attache !

En fin de compte, le coworking, c’est un peu le même système que les cabinets de médecins ou d’avocats. La créativité en plus ! En attendant, le coworking grignote de plus en plus de terrain en France : Strasbourg, Dijon, Saint-Étienne…

 

Rédigé par Marion Auvray