S’il y a quelque chose que j’exècre plus que la civilisation de la voiture, c’est la culture de l’incivilité qui y est liée : les conversations où l’on estime que dépasser d’un km/h la limite autorisée ne devrait pas être sanctionné, les affirmations comme quoi la route était droite et sans danger, et qu’être verbalisé pour cela, c’est un scandâââle… Autant dire que la création de la société Coyote et de son avertisseur de radar - bip bip, attention, radar dans 500 mètres - ne m’a jamais réjouit. Qu’on peaufine des outils pour aider - même si ce n’est pas intentionnel - les conducteurs à ne pas respecter les limitations de vitesse entre deux radars, que l’on crée un réseau social entre spécialistes de la décélération fourbasse, cela me dépasse.

Alors pourquoi en parler ? Parce qu’une autre service vient de voir le jour au Canada anglophone : “Living with Coyotes“. Alors non, il ne s’agit pas d’une application pour piétons haineux qui comme moi, aimeraient coexister paisiblement avec les rois de la route. Non, c’est un service pour repérer cet animal si injustement décrit comme imaginatif mais stupide et malchanceux dans tous les dessins-animés issus du beau continent américain. Le but n’est pas d’alerter les chasseurs, mais de prévenir - et non, pas de bip bip, cette fois, mais du google Map - les habitants et maître d’animaux de compagnie des risques potentiels en cas de coyote psychopathe dans les rues de Calgary, et de créer une base de données sur les relations entre ces mammifères que nous sommes et et ces mammifères qu’ils sont.

I looked a Coyote right in the face
On the road to Baljennie near my old home town
He went running thru the whisker wheat
Chasing some prize down
And a hawk was playing with him
Coyote was jumping straight up and making passes
He had those same eyes - just like yours
Under your dark glasses
” (*)

(*) Joni Mitchell/ Hejira / Coyote
Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia