Je crée les conflits que nous résolvons

Il y a quelques semaines, un superbe coeur rose de la taille d’un bébé éléphant est venu égayer le hall du bâtiment qui héberge les locaux de L’Atelier (BNP Paribas aime aussi les collaborateurs de ses filiales). Cette ambiance rose bonbon doit déteindre sur moi et je suis d’humeur à résoudre les conflits.

C’est donc avec un intérêt à peine feint que je suis tombé sur cette étude de chercheurs de l’université de Californie Berkeley. On y apprend que les pronoms ont une importance considérable (j’exagère un peu pour dramatiser) dans la capacité des couples à résoudre les conflits inhérents à leur situation (l’expérience tend à montrer qu’on s’engueule nettement moins tout seul).

Accrochez-vous bien, c’est du lourd : les couples qui disent "nous" plutôt que "je" ou "tu" sont moins susceptibles d’entrer dans le conflit quand il s’agit d’aborder des sujets de discorde ou de désaccord. L’emploi de la première personne du pluriel exprime une plus grande harmonie entre les partenaires et tend à devenir le synonyme d’un mariage heureux.

Je pense qu’on peut sans risque extrapoler les résultats de cette étude et les sortir du doux carcan du mariage pour les replacer dans le tout aussi cotonneux monde du travail. Il est plus que temps que nous communiquions avec nos collègues en insistant sur notre condition commune.

Quelque chose est resté en travers de la gorge et nous voulons cracher, c'est la moindre des choses mais vous pouvez, madame, vous adresser à nous car tout n'est pas perdu, non tout n'est pas perdu de vos mythes d'aurore, ici le soleil brille pour tous et on y croit*.

* Noir Désir – L’Europe

Rédigé par Nathanaël Vittrant