Peut-être en avez-vous entendu parler, au moins vaguement. En feuilletant un journal, par hasard, ou en écoutant la radio, d’une oreille distraite : le seize février dernier, une cyber-attaque a été simulée à Washington par d’anciens hauts responsables américains. Je m’attarde une seconde sur cette appellation qui revient de plus en plus souvent dans le traitement médiatique : une “cyber-attaque”. Ces mots provoquent le sourire, ou la peur, au choix. Ils ont une dimension à la fois relativement anxiogène et étonnamment comique, dans la mesure où l’on peine encore à déterminer ce qu’ils évoquent concrètement. C’est peut-être justement la raison pour laquelle cette cyber-attaque de grande ampleur a été simulée, et qu’autant de journalistes étaient conviés à l’événement. Sensibiliser l’opinion publique en élaborant un scénario catastrophe “vraisemblable”, voilà quel était le point de départ de cette opération, baptisée “Cyber ShockWave”.

Nathanael saurait mieux que moi vous parler des vers informatiques (à la lecture des récents articles qu’il a publié sur le site de L’Atelier à ce sujet, on constate rapidement à quel point il commence à devenir expert en la matière). Mais en deux mots, ce que je peux vous dire, c’est que la cyber-attaque a consisté à infiltrer la grille informatique régissant les systèmes de sécurité du réseau électrique de plusieurs grandes villes américaines. Rendant ainsi inaccessible le réseau Internet, ce qui a eu pour effet immédiat de paralyser l’économie est de bloquer l’ensemble de l’administration. A l’occasion, la “situation room” de la Maison Blanche (que connaissent très bien les fans de la série The West Wing) a été reproduite dans un hôtel de Washington. Un certains nombres de hauts responsables devaient réagir en temps réel, en fonction des éléments qui leur étaient rapportés tout au long de la journée. Sans surprise, il ressort de cette expérience que l’administration américaine n’est pas encore suffisamment préparée. Personnellement, je ne suis pas cyber-étonné… Et oui, je vous laisse sur cette très bonne blague.

Rédigé par Basile Segalen