Peut-on violer la liberté d'expression pour s'installer dans un pays ? Telle est la question à laquelle sont confrontée les géants de l'Internet qui veulent profiter du potentiel économique du...

Peut-on violer la liberté d'expression pour s'installer dans un pays ? Telle est la question à laquelle sont confrontée les géants de l'Internet qui veulent profiter du potentiel économique du marché chinois.
 
Après l'audition de quatre entreprises par une commission du gouvernement américain, un député républicain, Chris Smith, a déposé un projet de loi baptisé "l'Acte 2006 pour la liberté mondiale en ligne".
 
L'idée de ce projet est d'empêcher les acteurs américains d'Internet de s'autocensurer et de coopérant avec des gouvernements qui entravent la liberté d'expression. Le texte réaffirme l'importance de fournir des informations sans censure politique. "Les groupes technologiques américains opérant dans des pays à régime autoritaire ont le devoir de respecter la Déclaration universelle des droits de l'homme".
 
Ce projet de loi intervient quelques semaines après la mise en place, par Google, de son portail chinois censuré. Pour avoir l'accord du gouvernement, Google a dû restreindre l'accès de son moteur de recherche à une information contrôlée par le gouvernement chinois.
 
"Ne pas se plier à la législation aurait pu entraîner des poursuites criminelles contre Yahoo! Chine et même des peines de prison contre ses employés", a expliqué Michel Callahan, chef des services juridiques de Yahoo!, pour expliquer la collaboration du portail Internet avec le gouvernement chinois.
 
Les grands acteurs du marché Internet ne peuvent pas ignorer la Chine qui est, pour eux, un des marchés du futur. L'alternative à la collaboration avec le gouvernement chinois est la fin de leur entreprise. Comme l'avait expliqué le vice-président des communications globales de Google : "Monter une affaire en Chine implique l'autocensure".
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 20/02/2006)