La déprime hivernale, ça vous gagne

Certains faits semblent indiscutables, et ne méritent pas que l'on s'y attarde trop longtemps. Lorsque tout le monde s'accorde à reconnaître une vérité universelle, il peut en effet paraître superflu de s'évertuer à la démontrer.

Il fut un temps où prouver que la Terre était ronde avait un sens. Cela permettait de rentrer dans l'histoire des plus grands scientifiques, de s'ancrer dans les mémoires collectives, et de détruire d'un seul coup mille croyances erronées. Ca valait le coup.

Mais aujourd'hui, c'est inutile.

Qu'importe ! Les scientifiques aiment parfois prouver par A + B des faits que tout le monde constate déjà, instinctivement. En voici un exemple intéressant, qui a l'avantage de s'inscrire dans une nouvelle tendance : l'étude d'un phénomène au travers des requêtes effectuées sur Google par les internautes.
Cette fois, l'idée principale des chercheurs consistait à démontrer que les saisons ont une influence sur l'humeur des populations occidentales. Des chercheurs du département de psychiatrie de l'université de Yang-Ming, à Taiwan, ont analysé une base de données rassemblant les requêtes effectuées par les internautes sur le moteur de recherche Google entre janvier 2004 et juin 2009. En s'intéressant à certains mots clés, ils sont parvenus à repérer le développement d'états dépressifs chez les internautes. Les scientifiques ont croisé les données en fonction de la latitude, pour observer les requêtes des utilisateurs en fonction de leur lieu d'habitation, pour savoir dans quelle mesure ces populations subissaient le rythme des saisons.

Conclusion : il y a bien un lien entre la dépression et la température.

Personnellement, je n'ai pas besoin d'analyser des quantités colossales de données pour mesurer un tel phénomène.

Je n'ai qu'à regarder autour de moi, le matin, dans le métro parisien.

Rédigé par Basile Segalen