TED.com propose une conférence de Clay Shirky, partisan de l’utilisation des nouvelles technologies comme moteur de nouvelles structures coopératives. Shirky en est persuadé : tous ces outils deviennent socialement intéressant dès lors qu’ils sont technologiquement banalisés. Selon lui, ce n’est pas l’innovation en elle-même qui apporte un changement à la société, c’est sa démocratisation. La possibilité de prendre des vidéos avec son téléphone portable n’est devenue socialement intéressante que lorsqu’elle est devenue si répandue que le moindre évènement puisse être aussitôt diffusé sur le web. Les dernières élections américaines ont ainsi été parmi les plus surveillées du monde : la moindre irrégularité ou tentative de dissuader les électeurs de voter était aussitôt mise en ligne par les citoyens-journalistes.
Shirky explique l’influence qu’est en train d’avoir sur notre société l’émergence de ces nouveaux médias sociaux. Selon lui, nous vivons actuellement "le plus fort accroissement de la capacité d’expression de l’histoire de l’Humanité". Après l’imprimerie, le téléphone, les médias enregistrés et les modes de diffusion de masse que sont la radio et la télévision, nous connaissons aujourd’hui une cinquième révolution dans l’histoire des médias : celle de l’Internet coopératif. La vraie révolution, pour Shirky, tient dans la possibilité donnée à chaque consommateur de l’information d’en devenir également producteur. Comme si on vous livrait l’imprimerie avec le dernier livre que vous avez acheté.
Après avoir évoqué les récents évènements en Iran (qui, s’ils n’étaient pas si tragiques, pourraient passer pour une gigantesque publicité pour Twitter), il revient sur le tremblement de terre en Chine en mai 2008. Alors que lors du précédent tremblement de terre de cette amplitude (7,9 sur l’échelle de Richter) les autorités Chinoises avaient mis 3 mois à reconnaître que le tremblement de terre avait bien eu lieu, l’information a cette fois-ci circulé si vite grâce aux médias sociaux que Twitter avait annoncé l’évènement avant l’Observatoire National de Géologie américain.
Les utilisateurs de réseaux sociaux sont si nombreux et la transmission de l’information si instantanée que cela rend tout filtrage impossible. Lorsque l’information a cessé de porter sur le tremblement de terre et qu’elle a commencé à pointer du doigt la corruption des fonctionnaires locaux, la Chine n’a pas eu d’autre choix que de couper purement et simplement l’accès à Twitter.
Si la révolution engendrée par les nouveaux médias n’est plus vraiment une découverte, il est bon de penser à ce à quoi auraient ressemblés les grands moments de notre histoire si nous avions eu ces médias à disposition. De Gaulle sur Twitter, ça aurait eu de la classe. Non ?

Rédigé par Nathanaël Vittrant