Parallèlement à l'émergence d'un marché du serious game, des acteurs du monde associatif, de la recherche, des pouvoirs publics et de l'entreprise, se fédèrent pour chercher les moyens de promouvoir les jeux sérieux.

Si les sociétés actives sur le marché ont fait beaucoup pour le développement du serious game ces dernières années, il faut aussi souligner le dynamisme d'organisations diverses qui ont porté cette activité depuis son émergence en 2002. Rien qu’en France, des universités et des écoles se sont intéressées très tôt à cette discipline. Elle travaillent aujourd’hui sur des projets avec des entreprises et réfléchissent à la création de cursus dans ce domaine. C’est le cas de Paris, Lyon, Montpellier, Laval… Les salons et conventions de Lyon ou de Valenciennes dédiés aux jeux sérieux permettent par ailleurs aux acteurs du marché de se rencontrer et de présenter leurs savoirs faire et réalisations. Les appels à projets gouvernementaux ont fait également la part belle aux serious game en leur réservant un budget très conséquent avec une cinquantaine de projets financés.

Une association dédiée

Les appels à projet lancés dans le cadre du grand emprunt devraient également accompagner la montée en puissance du secteur en France. La profession s’est aussi structurée avec l’émergence de l’association SeriousgameLab. Depuis 2009, elle a en effet organisé de nombreuses rencontres entre les acteurs du marché, les créateurs naturellement, mais aussi les commanditaires, les chercheurs et formateurs et les institutionnels et a commencé à structurer un réseau d’échanges, d’expertise, de réflexion prospective et d’action unique en France. L’association vient d’ailleurs de déposer un projet d’étude auprès de l’Union Européenne (programme Lifelong Learning), qui est en cours de signature. Il s’agit d’un programme d’études et d’échanges des meilleures pratiques sur l’utilisation du jeu vidéo sérieux à l’école et hors de l’école.

Des initiatives nombreuses en Europe et aux Etats-Unis

Pour ce projet, le SeriousGameLab va animer pendant trois ans un réseau de douze partenaires de sept pays européens. A l’étranger, on constate la même implication des gouvernements et des mondes de la recherche et de la formation. Les initiatives les plus remarquables sont Games for Change qui bénéficie du fort soutien du gouvernement américain, mais aussi des nombreuses initiatives prises en Grande-Bretagne et notamment en Ecosse et à l’université de Cambridge. Autant d'initiatives qui montrent, à mon sens, qu’au delà des succès commerciaux, le développement rapide du serious game repose certainement sur sa capacité à fédérer des acteurs venant d’horizons aussi divers. Ce qui fait sa force et sa légitimité.