Finalement être parent, ce n'est rien de plus que d'appuyer sur un bouton off ou on. Tout du moins quand sa progéniture est encore un être non capable de se déplacer seul et de s'exprimer avec clarté sur un point. Après, ça se complique… En attendant cet âge heureux, il existe désormais des décrypteurs de pleurs - comme l'inévitable application iPhone Cry Translator - qui vous permettent de savoir avec exactitude ce dont un bébé a besoin. Ce qui au final se résume à cinq grandes catégories : faim, stress, ennui, fatigue et malaise. Et ce qui sous-entend qu'en cas de non volonté de compréhension des états d'âmes de son enfant, il suffit de ne pas activer son application et de rester de marbre sous les flots de larmes aux sonorités inconnues et en se réfugiant derrière le fait que, de toute façon, on n'y comprend rien.

Voilà qui paraît simple. Que nenni ! Nous n'en sommes qu'aux prémices de la science du décryptage des pleurs. Car si l'on en croit une équipe de la Hiroshima International University, "le problème fondamental dans la construction d'un détecteur d'émotions pour bébés est que le bébé ne peut confirmer verbalement ce que ses pleurs signifient". Oui, forcément. Et de surenchérir que de nombreux chercheurs avant eux ont essayé de classifier les émotions infantiles "basées sur une analyse des modèles de pleurs". Mais, poursuivent-ils, avec peu de succès. Vous comprendrez du coup l'urgence de mettre au point un modèle informatique statistique enfin véritablement performant et capable non seulement de déceler quelle est l'intention du petit qui s'égosille, mais aussi d'avoir la certitude que l'émotion perçue est l'émotion réelle et ce, sans que le bébé n'ait eu besoin de prononcer des mots que de toute manière il est incapable de dire.

Du coup, ils ont utilisé une approche basée sur la reconnaissance de modèles sonores qui utilise une analyse statistique de la fréquence des pleurs et celles du spectre sonore pour classifier les différents types de larmes (sic). Ils ont ensuite pu corréler les spectres enregistrés avec l'état émotionnel d'un bébé tel qu'il a été indiqué par ses parents (ont-ils eu confirmation dudit enfant ?). Ce qui leur a permis d'établir enfin une méthode théorique de classification. Dont on a hâte qu'elle soit intégrée sous forme d'application mobile. Je vous laisse sur cette heureuse perspective.

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media