Si l'on est encore loin de l'invasion d'humanoïdes, les robots ont progressivement pris une place conséquente dans notre quotidien. Quels sentiments développons-nous à leur égard? Les considérons-nous simplement comme des machines ou sommes-nous sensibles aux robots?

Les êtres humains éprouvent de l'empathie pour les robots

Des robots aspirateurs de plus en plus perfectionnés, des poupées pour enfants capables de pleurer, rire ou parler, les machines font désormais partie de notre quotidien. Mais pour autant, les considérons-nous comme des êtres à part entière ou comme de simples outils ? Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Duisburg Essen en Allemagne démontre que notre fonction cérébrale réagit de façon similaire lorsque nous sommes en présence d'humains et de robots. 

Les chercheurs ont mené parallèlement deux études. Dans la première, 40 personnes ont observé des séquences vidéos dans lesquelles un petit robot dinosaure était traité de manière affectueuse puis de manière violente tandis que leur rythme cardiaque leur activité cérébrale étaient mesurés. A la fin de la projection, tous ont reconnu avoir éprouvé un sentiment de malaise alors que le robot dinosaure était violenté. Les chercheurs ont, de plus, relevé des pointes d'activité cérébrale lors des scènes de brutalité. 

Lors de la deuxième étude, les chercheurs ont utilisé l'IRM (imagerie à résonance magnétique) pour définir avec plus de précision les réactions du cerveau lors d'une interaction homme-robot et homme-homme. En effet, les gens ont souvent du mal à exprimer l'émotion qu'ils ressentent pour les robots. Les participants ont donc, lors de cette deuxième étude, été confrontés à des vidéos où un robot, un objet quelconque et un humain étaient traités de manière affectueuse puis violente. Les images positives ont eu le même effet qu'il s'agisse d'un robot ou d'un humain. Cependant, le niveau émotionnel des participants a montré qu'ils étaient plus réactifs lors des séquences négatives concernant l'homme.

"L'un des objectifs de la recherche en robotique actuelle est de développer des compagnons robots qui établiront une relation à long terme avec leurs propriétaires", explique Astrid Rosenthal-von der Putten, à l'origine de l'étude. En effet, les robots pourraient, dans un avenir proche, aider les personnes âgées dans leurs tâches quotidiennes mais surtout leur permettre de rester autonomes le plus longtemps possible. La relation robot-humain est donc complexe mais l'étude montre que l'être humain n'est pas insensible aux robots et qu'il peut ressentir une certaine empathie pour cette "machine".

Rédigé par Marion Auvray