Pierre Berecz est co-fondateur et directeur associé de Indom, une des sociétés françaises spécialisées dans l'enregistrement des noms de domaine Il est également directeur de la publication de...

Pierre Berecz est co-fondateur et directeur associé de Indom, une des sociétés françaises spécialisées dans l'enregistrement des noms de domaine Il est également directeur de la publication de www.domainesinfos.fr , un site d'information sur les noms de domaines.
Pierre Berecz vient de publier un livre intitulé Le .eu, le nom de domaine européen, en collaboration avec Marie-Emmanuelle Haas, à quelques semaines du lancement de la première période d'enregistrement pour le .eu Il nous donne les clés pour comprendre les enjeux du lancement de cette extension.

L'Atelier - Bonjour Pierre Berecz. Le 7 décembre, à onze heures précisément, la première phase d'enregistrement du .eu sera lancée. Qui est concerné ?

La première étape qui va se dérouler du 7 décembre 2005 au 7 février 2006 concerne les propriétaires de marques et les instances publiques. La réservation du nom de domaine doit se faire le plus tôt possible. Depuis trois mois déjà, nous sommes accrédités pour enregistrer les réservations de noms de domaines et de nombreuses réservations sont déjà formulées. Le 7 décembre, le premier arrivé sera le premier servi.
Quelles sont les démarches pour une société à entreprendre pour avoir une chance d'obtenir le nom de domaine souhaité ?
Il est important de s'adresser le plus vite possible à un registrar accrédité Eurid, ICANN ou Fr. La démarche de réservation est payante : 55 euros. Mais le prix que vous paierez dépendra du registrar choisi et du service qu'il vous offre. Le registrar doit s'occuper de vérifier les droits et de les valider. Le dossier est très complexe, d'où l'importance de se tourner vers un organisme accrédité qui a pignon sur rue. Le dossier est très important surtout en cas d'homonymie. Si l'on prend l'exemple de Mont Blanc, la marque de stylo comme celle de la crème dessert ont les droits pour obtenir le nom de domaine Mont Blanc. Cependant, le premier arrivé sera le premier servi et s'il manque une pièce au dossier, il sera automatiquement rejeté.
Le 7 décembre, comment l'EURid, l'association sans but lucratif désignée par la Commission européenne pour gérer le nouveau domaine de premier niveau .eu, va-t-il attribuer les noms de domaines ?
Les différents registrars (527 sont accrédités) vont communiquer à l'EURid les demandes d'enregistrement, à partir de onze heures. Il sont engagés contractuellement à les faire passer dans l'ordre dans lequel ils les ont reçues. Price Waterhouse Coopers sera ensuite en charge de vérifier la validité des attributions en s'appuyant sur le dossier transmis par le registrar.
Et pour ceux qui n'étaient pas concernés par la première phase ?
La deuxième phase se déroulera de la même façon. Cette fois-ci, tous les autres détenteurs de droits pourront faire des demandes d'enregistrement qui seront transmises à l'EURid le 7 avril 2007. La troisième phase laissera la possibilité à n'importe qui d'acheter un nom de domaine. La logique du premier arrivé, premier servi sera encore en vigueur. Il suffira de payer 25 euros.
Quels sont les enjeux les plus vitaux du lancement du .eu ?
Il y a en a deux principaux. Cette semaine, on a pu voir qu'un des enjeux essentiels du SMSI était la gouvernance d'Internet. Le lancement de l'extension .eu est une chance de rééquilibrer la planète Internet. Le lancement du .eu fait naître un challenger pour le .com.
Le deuxième enjeu réside dans le lancement d'un territoire totalement vierge. Imaginez à quel prix se revendra le nom de domaine business.eu, quand on sait que le business.com s'est revendu à 7 millions de dollars ! Des milliers de noms de domaines vont valoir très cher si on pense, en plus, à certaines entreprises qui ne seront pas très heureuses d'avoir un homonyme en .eu et qui seront prêtes à payer cher pour le récupérer.
Les noms de domaines sont le terrain de véritables courses à la rapidité. La famille royale espagnole a fait preuve d'initiatives à cet égard. La veille de la naissance de la fille de Letizia Ortiz et du prince des Asturies Felipe de Bourbon, le palais, puisqu'il connaissait le nom du bébé à naître, a anticipé. Pour maintenir un contrôle sur les noms de domaine contenant le prénom du bébé, le palais s'est précipité pour acheter tous ceux qui contenaient le nom Léonor comme princesaleonor.com ou infantaleonor.com.
Ornella Nomber, pour l'Atelier
(Atelier groupe BNP Paribas - 18/11/05)