Ayant demandé il y a quinze mois un basculement vers l'euro d'un coup, pour réduire la durée de double circulation des monnaies, les distributeurs souhaitent aujourd'hui que les banques, les commerc...

Ayant demandé il y a quinze mois un basculement vers l'euro d'un coup, pour réduire la durée de double circulation des monnaies, les distributeurs souhaitent aujourd'hui que les banques, les commerces, mais aussi les particuliers puissent se munir de pièces et billets en euros avant la date fatidique du 1er janvier 2002. Ceci afin que le paiement se fasse dès le premier jour dans la nouvelle monnaie. Igino Sogaro, le président d'Eurocommerce, l'organisation des distributeurs européens à Bruxelles, rappelle "six mois de cohabitation générale entre l'euro et une monnaie nationale engendreraient un coût équivalent à 3,2 % du chiffre annuel des commerçants. Un big bang reviendrait à la moitié seulement". Les pouvoirs publics ayant accepté le principe d'une période courte ont bien compris cette demande. La préalimentation en euros permettrait, pour sa part, de réduire l'inévitable augmentation du temps d'attente aux caisses pendant la phase d'introduction "cela soulagerait tous les commerces, débits de tabac, marchands de journaux, boulangeries où il y a de gros rendus de monnaie. Avoir l'équivalent de 100 ou 200 F en poche dès le premier jour permettrait de fluidifier le système". La Commission européenne et la Banque centrale européenne ont accepté "avec certaines précautions" le principe d'une préalimentation des établissements financiers et des distributeurs, bien que toute circulation de pièces et de billets en euros soit interdite avant le 1er janvier 2002. En revanche, prétextant que les articles 10 et 11 de son règlement sur le "remplacement des monnaies des Etats membres participants par l'euro" le lui interdisent, la BCE ne veut rien entendre concernant les particuliers. Selon ces deux articles, la BCE et les banques centrales concernées mettent "à partir du 1er janvier 2002" seulement en circulation les pièces et billets libellés en euros. Le président d'Eurocommerce déclare "Si le règlement s'y oppose, changeons-le. Nous nous engageons en échange à ne pas accepter de paiements en pièces et billets en euros avant la date prévue. Mais nous ne pouvons accepter le statu quo. Nous avons calculé que 60 % des changements de monnaie se feront dans la distribution". Eurocommerce aimerait pouvoir inciter les clients à dépenser leurs derniers francs entre Noël et le jour de l'an, tout en se procurant de petits "kits" de pièces et de billets libellés en euros. Tout le monde serait ainsi prêt au jour J. (Les Echos - 23/02/1999)