Si vous avez déjà essayé d'expliquer Twitter à votre père ou à votre amie prof de français qui peste contre Facebook et qui ne comprend pas ce qu'on peut trouver à Internet en dehors de Gallica, alors vous savez que c'est difficile.

Encore eût-il fallu que nous twittassions

Parce qu'une fois que vous vous êtes acharné, avec force schémas, à montrer que c'était un site sur lequel il était possible d'envoyer des messages publics et que tout le monde pouvait potentiellement suivre, que c'était un site sur lequel on peut suivre les messages des autres sans leur demander de mise en relation, et qui si deux abonnés se suivent mutuellement ils peuvent s'envoyer des messages personnels. Parce qu'une fois que votre interlocuteur relève la tête et vous dit "ok, je comprends comment ça marche", s'ensuit souvent inévitablement : "mais euh, pourquoi ?".

Pour ceux qui malgré tout, veulent comprendre "parce que quand même, Twitter, on en entend souvent parler", il y a des tutoriels sur Internet, des conseils comme ceux donnés par Owni pour que même mamie puisse s'exercer au micro-blogging. Il y a même des cours. Pour voir comment ça se passe, je suis allée faire un tour hier à la Tweet School, qui organisait sa première session à la Cantine, et animée par @miChmski, community manageuse chez Synthesio, et @GregFromParis, social media director chez Nurun. Parce que c'est quand même intriguant de se dire de prime abord que des dizaines de personnes ont payé (15 euros) pour lever le voile sur les mystères de Twitter. Reste que cela souligne bien l'impact que le site a, même s'il reste en France réservé à une petite minorité d'amateurs, souvent CSP+, jeunes et urbains, et qui s'en servent notamment dans un but professionnel.

Ce qui était amusant hier, c'est que justement l'assistance - une cinquantaine de femmes (normal, le cours leur était principalement adressé), une petite poignée d'hommes - entraient tout à fait dans la case "Twitter compatible". Comme Laura, qui travaille dans la pub en ligne. Et qui est venue par curiosité mais aussi "parce que tout le monde parle de Twitter". Selon elle, il est maintenant complètement évident de maîtriser Facebook, mais le site de micro-blogging reste encore entouré de mystères. D'ailleurs, je crois qu'elle n'y avait encore jamais posé le moindre clic de souris avant le cours. Comme la moitié des élèves, environ. Les questions posées en témoignaient. Au final : des "instructeurs" dynamiques et sympathiques, de nouvelles twitasses en vue (merci @Lea-Q pour cette tentative de féminisation...), et un chemin pour y parvenir parfois cocasse. Ma petite phrase préférée ? Le "Oui bien sûr, vous pouvez envoyer à quelqu'un un message qui est personnel mais qui est public" de @GregFromParis, et qui a donné suite à un long silence. Pas facile, parfois, quand on a été aspiré par la sphère Twitter de ne pas oublier par exemple que "viral" ne veut pas dire uniquement "information qui se propage" !

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media