Je suis un égalitaire. Cela m'amène à rêver pour les hommes et les femmes d'égalité de salaires, de pourcentage équivalent à tous les postes. Je ne suis pas le seul, certes, mais nombreux sont ceux aussi qui ne pensent pas de la même façon. Il n'y a qu'à voir la dernière étude menée par l'université d'Exeter et en particulier par sa "School of Psychology and Business School".

Il en ressort que les entreprises dont le conseil d'administration (board) est 100% garçon auront une valorisation boursière correspondent à 166% de leur valeur comptable (book value). Quand on commence à panacher avec des filles, cette valorisation descend à 121% de la valeur comptable. Autre certitude des scientifiques anglais impliqués, les entreprises féminisées se déçoivent pas - ouf - quant aux ratios financiers : taux de rendement des actifs (return on assets) et rentabilité des fonds propres (return on equity).

Conclusion : les actionnaires britanniques dévalorisent systématiquement les entreprises "female friendly". Ce que les universitaires ne savent pas encore, c'est si les actionnaires pensent que les femmes sont moins performantes que les hommes dans un conseil d'administration ou si "they see a woman's appointment as a signal that the company is in crisis".

Oui, parce qu'une des constatations de l'étude britannique est que les sociétés cotées nomment plus de femmes au conseil d'administration en tant de crise... Pour les sceptiques, l'étude a porté sur le FTSE 100 entre 2001 et 2005. On peut donc dire que statistiquement, leur étude se tient.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia